LA STELE DE VICTOR SEGALEN (Victor Segalen1878-1919)
Suicide ou un accident. au Kastell Ar  Gwibell: Haut lieu de sacrifices humains dans notre tradition populaire et de suicides !
A cette époque, la famille d'un suicidé n' avait pas le droit de passer à l' église ,le passe droit était un don à l évêché comme cela était passé pour le suicide de mon grand- père paternel.
Cette stèle dédiée à un poète de la nature à ce nietzschéen comme le dit bien  Michel Onfray ,elle n' est pas en granit local et son épitaphe en granit du Labrador noir des cimetières me choque..

Pour Michel Onfray, Victor Segalen était un homme libre, un personnage qui n'obéissait pas aux modes. Le philosophe pense aussi que le poète, mort ici le 21 mai 1919 est très actuel, par son côté païen ou encore amoureux de la diversité

https://www.youtube.com/watch?v=OgwE6YnEiCo

https://youtu.be/OgwE6YnEiCo?t=230

https://youtu.be/OgwE6YnEiCo

La mort de Victor Segalen Un point de vue médical * par Dominique MABIN **

 La fin brutale de Victor Segalen dans la forêt du Huelgoat reste énigmatique. S'agitil d'un accident ou d'un suicide ? Ses biographes ne se prononcent pas. Un regard médical sur la vie et sur les circonstances de la mort de cet écrivain brestois, médecinde Marine, peut-il donner la réponse ? (1)A l'automne 1918, Segalen est victime d'une nouvelle phase dépressive. Il est hospitalisé à l'Hôpital Maritime de Brest puis au Val-de-Grâce pour une "neurasthénie aiguë". Son état ne s'améliore pas, malgré un séjour près d'Alger chez son ami Charles de Polignac. Le 13 avril 1919, il bénéficie d'une prolongation de convalescence de 45jours. Il gagne alors l'Hôtel d'Angleterre, au Huelgoat, le 27 avril. Sa femme vient le rejoindre à deux reprises les 10-11 et 17-18 mai. Ils se promènent sur les bords de la Rivière d'Argent. Le 20 mai, il écrit ses deux dernières lettres, qu'il ne poste pas, l'une à Yvonne, l'autre à une amie très chère, Hélène Hilpert.Une amie, Jeanne Perdriel-Vaissière, qui séjournait à l'Hôtel d'Angleterre en compagnie de son fils Hervé, apporte un témoignage précieux sur la mort de Victor Segalen. "[Il] est parti, mercredi matin, [21 mai], emportant des sandwiches pour déjeuner dans les bois. Il voulait fuir une bande tapageuse qui s'annonçait à l'Hôtel. A onze heures, il partait, un pique-nique dans sa main droite". Le soir, il n'est pas rentré. Comme il y avait eu un violent orage dans l'après-midi, on pensa qu'il s'était réfugié dans une auberge des environs. "Jeudi midi, rien ; la peur nous prend". Avertie, sa femme Yvonne arriva de Brest le vendredi après-midi. Jeanne Perdriel poursuit : "Autour de la rivière s'agitent ceux qui cherchent, elle [Yvonne] ne s'arrête point, franchit l'eau sur les blocs, s'engage dans un sentier de chèvre. Elle monte, sans une hésitation, dans les broussailles au sommet du gouffre, là-même où, une semaine auparavant, ensemble, ils avaient cherché et trouvé la solitude la plus inaccessible. Il y revenait chaque jour depuis, et seule, elle en connaissait le chemin. Il était là, -mort-. Son manteau est plié  sous lui, son veston de marine est ouvert". Ce témoin précise que Segalen était dans "un creux de verdure, sur le mamelon escarpé qui surplombe le Gouffre [...]. Le corps de Victor est étendu, un pied déchaussé, bandé d'un mouchoir sanglant [...], son Shakespeare à côté ; un peu plus loin, un gobelet qu'il avait dû remplir d'eau pour laver sa blessure [...]. Victor avait dû déjeuner au bord de la Rivière d'Argent et gravir ensuite le mamelon pour lire et se reposer. En montant, il s'est blessé au pied sur une racine sciée en biseau aigu ou quelque roche pointue... Donc, il s'est produit une déchirure saignante, et lorsque s'étant assis, il a voulu se panser, la faiblesse extrême dont il souffrait,particulièrement depuis quelques jours, ne lui a pas permis de terminer le geste ; une syncope est survenue, le sang a coulé [...] la terre en était imprégnée : une mare auprès de lui [...]. Victor s'était installé comme un promeneur qui a chaud [...] avant l'orage de mercredi, il était déjà mort". Cette blessure accidentelle fut la version retenue  par la famille qui refusa l'autopsie. L'enterrement eut lieu le lendemain au cimetière du Huelgoat, après une cérémonie à l'église.Cependant, l'analyse des circonstances de ce décès soulève bien des questions : sur le lieu du drame et sur la découverte immédiate du corps par sa femme, sur la position assise du corps, sur la situation de la blessure et sur l'hémorragie, etc. L'hypothèse d'un suicide est donc probable. Elle est étayée par la situation psychiatrique et psychologique  éprouvante vécue alors par Segalen et par ses échecs affectifs et professionnels. Durant ses études médicales à Bordeaux, il fréquenta d'éminents psychiatres. Il était donc apte à faire le diagnostic de son mal, mais il ne l'a jamais révélé. Outre cet aspect médical, il y avait aussi sa quête du Divin et sa déception de ne pas avoir trouvé de réponse dans le bouddhisme, le taoïsme et le culte maori. La présentation donnée par cette mort est théâtrale. Il fut retrouvé en tenue de médecin de Marine, un exemplaire de Shakespeare ouvert à Hamlet, près de lui, et la photo d'Yvonne sa femme placée à la page qu'ils avaient lue ensemble au m ê m e endroit ; des lettres retirées de leur enveloppe marquaient certaines pages d'Hamlet. Le rapprochement de sa mort avec celle de ses héros, avec les paysages qu'il connut en Chine, avec les tombeaux des empereurs, peut éclairer cette disparition brutale (2). Les circonstances de sa mort restent conjecturales. L'accès mélancolique prolongé est sans doute à l'origine de son suicide. Jusqu'au bout, Segalen a tenu par une mort énigmatique à préserver son mystère. "Il existe en chacun de nous [...] une irréductible et forclose tanièreque [...] nous ne pouvons entr'ouvrir à autrui". http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx1998x032x001/HSMx1998x032x001x0081.pdf

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Victor_Segalen

Médecin de marine, ethnographe et archéologue, Victor Segalen poursuivit, de la Bretagne, à l' Océanie et à la Chine, un voyage passionné par la découverte des voix étrangères à la culture européenne. Après des études

de médecine à Bordeaux, l’officier-médecin est affecté en Polynésie. Il séjourne à Tahiti, en 1903 et 1904, et consulte, à l’occasion d'une escale aux Marquises, les derniers croquis et carnets de Gauguin, décédé trois mois avant son passage.

Il rapporte de Polynésie un roman, les Immémoriaux (1907), un journal et des essais sur Gauguin et sur Rimbaud qui seront publiés longtemps après sa mort (Journal des îles, 1978). Pour son premier séjour en Chine, Victor Segalen soigne les victimes de l’épidémie de la peste de Mandchourie (1908), puis il souhaite s'y installer avec sa femme et son fils (1910). La première édition de Stèles voit le jour à Pékin en 1912. Il entreprend (en 1914) une mission archéologique consacrée aux monuments funéraires de la dynastie des Han. Il en résultera une étude capitale sur la sculpture chinoise, dont il faudra attendre 1972 pour la voir publiée : la Grande Statuaire chinois. 

Il  est trouvé mort ici, à quarante et un ans, le 21 mai 1919,  au kastell-gwibel,,Hamlet à la main.il est enterré au  cimtière du Huelgoat. Il était né à Brest, rue Massillon, le 14 janvier 1878.

Plusieurs universités portent son nom comme celle de Bordeaux 2 et de Brest.

Œuvres : A dreuz an Arvor, 1899.

L’observation médicale chez les écrivains naturalistes, Thèse, Bordeaux, 1901

Les Immémoriaux, (sous le pseudonyme de Max Anély), 1907.Stèles, 1912.

Peintures, Gallimard, 1916.

Parutions posthumes

Orphée-Roi, 1921.René Leys, 1922.Mission archéologique en Chine (en collaboration avec Gilbert de Voisins et Jean Lartigue), 1923-1924.

Équipée. De Pékin aux marches thibétaines. 1929

http://www.bouquins.tm.fr/site/victor_segalen_t1_oeuvres_completes_&100&9782221064627.html

http://www.bouquins.tm.fr/site/victor_segalen_t2_oeuvres_completes_&100&9782221067055.html

 

    Les ruines de la tour de guet du chateau d' Ahes

Le Gouffre haut lieu des suicides en  Bretagne

Il s'interrompt alors pour saluer un nouveau venu, un voisin. C'est Dédé, un jeune garçon de treize ans, petit, râblé et vif, et qui prendra plus tard le pseudonyme de « R.T.F. » dans ses représentations magiques. Bon, s'exclame alors Pierre-Marie. On va pouvoir y aller. Dédé connaît la route. Vous n'avez qu'à garder la maison, fait-il à Gab et Eutrope. Je vous ramènerai ce soir à Scrignac. Nous embarquons donc dans l'imposante traction avant noire, Dédé devant, à côté du chauffeur et moi derrière. Nous descendons la pente, longeons l'étang et prenons la direction de Carhaix à travers la forêt. Pierre-Marie roule toujours lentement et dignement, comme il se doit. Nous passons bientôt près du « gouffre », où la Rivière d'Argent tombe en cascade et disparaît sous les rochers et les arbres. Ce lieu inquiétant nous fait toujours un peu frémir, car de temps à autre un pauvre diable s'y jette pour en finir avec l'exis­tence. D'autres y tombent par imprudence, mais nul n'en sort jamais vivant. Le « Gouffre » est dominé par une butte abrupte et très élevée sur laquelle se dressait autrefois un château-fort : Kastell-ar-Guibel. et la légende raconte que Dahut la diabolique fille de ce bon Gradlon, premier roi de Cornouaille, venait parfois dans ce donjon pour y passer des nuits d'orgie. Puis au matin, comme dernière jouissance, la perverse créature faisait lier et jeter du haut de la tour, dans le « Gouffre », son amant de la veille. Un souterrain secret relierait, dit-on aussi, le fond du « Gouffre » à l'antique cité d'Ys, engloutie à tout jamais sous les flots de la baie de Douarnenez. Je l'ai longtemps cherché, ce tunnel fabuleux, étant enfant, et suis seulement parvenu à découvrir qu'une galerie naturelle peu connue, permettait de descendre tout en bas, au pied de la chute, comblant ainsi en partie mon goût du merveilleux.Dédé nous explique que les cadavres sont entraînés par le courant dans un siphon, avant de déboucher dans une grotte large et spacieuse où ils tournent continuellement dans les remous, ne pouvant en sortir, car la seule issue, d'ailleurs trop étroite, est située tout en haut.Cette caverne inondée a été macabrement baptisée : « la salle de danse ». Les pompiers de Huelgoat, après avoir détourné le cours d'eau, y ont pénétré une fois, à la demande d'une famille, pour rechercher le corps d'un suicidé qu'ils ont d'ailleurs retrouvé en compagnie d'autres ossements d'inconnus...Quelques centaines de mètres plus bas, la rivière reparaît à la lumière du jour et s'élargit, formant la Mare aux Fées où il ne fait pas bon s'aventurer au clair de lune. C'est là, selon les anciens, que les « lavandières de la nuit » viennent effectuer parfois leur lessive funèbre. Si vous les rencontrez, elle vous  demanderont sûrement de les aider à tordre leurs draps mouillés. Alors prenez garde ! il faut connaître le « truc ». Car il y a toujours un « truc », bien entendu. Celui-ci consiste à tourner toujours le drap dans le même sens que votre partenaire, malgré ses sarcasmes et ses  protestations. Et si vous suivez ce conseil, vous aurez la vie sauve. Mais si par malheur et ignorance, vous tordez le drap en sens contraire, comme on le fait habituellement, alors ce drap sera votre suaire. Vous ne pourrez plus le lâcher, et la lavandière maudite vous arrachera les bras et la vie sans pitié.Mon père, travaillant un jour près de cette Mare aux Fées, y trouva un avant-bras humain en état de décomposition avancé. Peut-être s'agissait-il du membre d'une infortunée victime des « lavandières » ; ou peut-être aussi d'un morceau échappé de la « salle de danse » où les cadavres mènent un ballet perpétuel, rythmé par le grondement de la cascade.

 

 


 

Le Teuss est un fantôme,un génie des landes et des bois de nos Monts d' Arrée. Il peut prendre toutes sortes de formes, et il aime faire peur aux gens et les tromper. Il ne faut surtout pas se moquer de lui, parce qu'il peut alors se fâcher et devenir dangereux.Le « Teuss » de nos anciens des Monts d’ Arrée se présente sous la forme d'un chien, d'une vache, ou d'un autre animal domestique... Il porte aussi un autre nom breton" Aez-rouant " le démon, le serpent celtique bienfaisant vêtu de blanc, d'une taille gigantesque qui croît encore quand on l'approche ; vous ne le voyez que dans les carrefours, les gués, les passages de rivières de minuit à deux heures, et dans la nuit précédente la Toussaint. Quand vous avez besoin de ses secours contre l'esprit malin, lui, le démon malfaisant pour l' Eglise "l' Azrouant", vous sauve sous son manteau. Il vous secourt dans des dangers que, quelquefois, vous n'avez pas prévus, souvent, vous entendez, quand il vous enveloppe, passer avec un bruit affreux, le chariot de l'Ankou qui fuit à son aspect, qui s'éloigne en poussant des hurlements épouvantables, en sillonnant d'un long trait de lumière, l'air, la surface des marais en s'abîmant dans le sein de la terre, en disparaissant dans le Yeun... »

D’après le livre de Fanch Guillemin du Huelgoat « Les sorciers du bout du monde- 1988 ».Nos Teuss, et ils peuvent avoir à l'occasion des rapports sexuels féconds avec nous les humains, d'où pouvaient naître des géants ou des nains..Si donc les Teuss sont aussi des êtres mortels et périssables, comme il le semble bien, hélas ! il serait plus que temps d'intervenir pour en préserver l'espèce en voie d'extinction ; et il serait urgent d'organiser une société protectrice des Teuss, et de créer des réserves pour en protéger les derniers spécimens...