Il semble qu'on prenne plaisir en ce pays d 'Huelgoat à entasser ruines sur ruines (Anatole Le Bras en 1890.) Je comprends pourquoi les peintres ont quitté Huelgoat pour ailleurs ?Mon tirage albuminé d'un professionel  des années de 1870 du chaos du moulin de ma collection, Il y avait ce magnifique chaos qu a été débité en pierres de taille . Aujourd'hui Sur l' emplacement de la carrière Ritz un chalet néo-suisse et le bâtiment de l ' annexe !

 «Les habitants du Huelgoat crient qu'on leur laisse leurs rochers..» Sans doute « Vox damans in deserto »...

 En effet. Victor Segaien. (en 1899), apporte, avec un humour acide, «des précisions sur la destruction des sites des chaos par les tailleurs de pierre Il y a vingt ans (donc aux alentours de 1880). frappé de l'inutilité de tous ces gros cailloux, on eut la suave idée de les exploiter comme pierre à bâtir, Et avec une pleine désinvolture, on se mit à les débiter... La pierre branlante faillit  y passer, et une partie .du chaos se transforma en jolis petits moellons plus utiles, évidemment, et surtout de vente plus facile que les grands blocs primitifs. Il fallut l' intervention énergique pour arrêter cette mutilation duTouring-club de France.Mas les plaies sont là, ces cassures blanches, déflorant la féerie du Huelgoat.

 

interdiction de la publier sans mon accord

 L'Europe occidental ne connait pas de plus beau site naturel de pierres que les chaos du Huelgoat et ses environs .Elle ne connait pas de plus beau site de pierres levées que les alignements de Carnac et du  Huelgoat.

xles rivières et ses rochers cet hiver Ma vidéo  des sites des rochers et des rivières en crue (unique)

http://www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/riviere-argent1_cle26a2ed.pdf

https://www.youtube.com/watch?v=57wbQCpiWYQ

« Que la terre de Berrien ne produise plus que du caillou ! Que Dieu même dans sa toute puissance fasse qu'on n'en puisse arracher les pierres !

Edouard Puyo  vers 1870 fusain 42x28 cm (Photographes au XIX siécle .Les nouveaux imagiers de la Bretagne. Corinne Jeaneau Gérard Berthelon Edition COOP BREIZ 2006

Le chaos  du Saoulec dévasté  par  les carrières vers 1890

Edouard Puyo  vers 1870 fusain 42x28 cm (Photographes au XIX siécle .Les nouveaux imagiers de la Bretagne. Corinne Jeaneau Gérard Berthelon Edition COOP BREIZ 2006

La hutte du sabotier du  Huelgoat aujourd'hui disparue


Yann Kersale et ses illuminations éphémères  du Chaos du Diable .(11 juillet 2011)

Yann Kersale et ses illuminations éphémères  du Chaos du Saoulek.(11 juillet 2011)

 

crue de NOEL 2013

crue de NOEL 2013

crue de NOEL 2013

  La crue de  Noel 2013

La recherche du roi Artur dans les futaies sauvages de la forêt de Huelgoat constitue une quête des plus gratifiantes, même si l'image qui s'y dévoile en est assez inattendue.

Le légendaire du lieu est des plus riches, où se mêlent Hok-bras,le diable, la Vierge, les fées, la princesse Dahut ou Ahés , Merlin ou encore des carriers impies engloutis sous les chaos rocheux, et dont le travail souterrain se signale par des coups sourds venus des profondeurs.

Mais le site le plus spectaculaire, sur un sommet dominant les bois, est le "Camp d'Artus", vaste oppidum gaulois que protège un rempart construit selon la technique du murus gallicus (remblai maçonné sur une armature intérieure de poutres croisées), Les légendes qui s'y rattachent ont été notées par Cambry à la fin du XVIIIe siècle: "la tradition conserve dans ces lieux le souvenir de l'énorme château d'Artus ; des rochers de granit entassés donnent l'idée de ses vastes murailles.

On doit y trouver des trésors gardés par des démons, qui souvent traversent les airs sous la forme d'éclairs, de feux follets, en poussant quelquefois des hurlements affreux; ils se répètent dans les forêts, dans les gorges du voisinage.

Bretagne Celtique de Marc Déceneux (édition du Télégramme) 

.Spirou et l'Ankou

https://www.youtube.com/watch?v=57wbQCpiWYQ

Dans le livre Gargantua  dans les traditions populaires de Pierre Sibillot écrit en 1883, l'auteur ne cite pas aucune  d'une légende d'un Gargantua huelgoatain mais celle du Géor de Saint Herbot  et celle du Hok-bras du Huelgoat.

La légende du Gargantua huelgoatain est en fait un plagia , un copier et coller d'une légende du Léon qu' on retrouve dans ce livre de Sibillot. Elle a été inventée et écrite par des notables locaux pour les brochures touristiques sur Huelgoat de la Belle-Époque.

Les notables républicains d' avant 1914 sont à l'origine de la légende de Gargantua ,elle était plus présentable pour l'image touristique de la ville que celle de la malédiction de saint Herbot  ou celle du  dragon de sainte Victoire contaminées avec le christianisme et les vieilles superstitions diaboliques des bouseux bretonnants.

Le diable de la chapelle

Sainte Victoire une Vierge était encore vénérée avec le pardon  des Cieux en 1857 et elle a son bas-relief  de son martyr dans la chapelle Notre Dame des Cieux .Aucun érudit n'a jamais donné  un nom de cette vierge martyre de ce bas-relief  jusqu'à que j' ai deviné en 2008 que le vrai nom à cette martyre  de ce bas-relief de la chapelle est  en fait sainte Victoire .Je suis le découvreur de la légende  de cette sainte Vierge vénérée autrefois au Huelgoat lors de mes recherches sur le Web , je l'ai déniché sur des sites en langue italienne .La légende  d'un dragon qui vivait dans une grotte, qui empestait mortellement  les environs et qui fut chassé  grace à notre Vierge sainte Victoire. Après son martyr,elle fut enterrée dans un tombeau dans cette même grotte du dragon ). Elle a été repris  depuis par .http://kergranit.free.fr/Textes/Le%20Huelgoat.htm

La légende dorée  d' inspiration celtique de Sainte Victoire l' italienne  date du IV siècles,elle a été écrite par un évêque gaulois de Rouen  dont tous ses ouailles étaient païens. La Vierge, la sainte Victoire patronne huelgoataine vénérée autrefois a été occultée depuis 150 ans au profit  du dogme de la  Vierge  Marie  l' Immaculée conception

Elle se réfère au vrai mythe des divinités souterraines liées à l'eau  et à la pierre  tel sont le Serpent celtique. la Vouivre  et le dragon des légendes chrétiennes ).  Elle  ressemble à si méprendre à la légende fondatrice du diocese du Léon écrite plusieurs siècles plus tard ,au détriment  de la civitas des Osismes ,celle du combat du dragon  et de saint Pol de Léon.

L' écusson sur le socle  du calvaire de la croix neuve


    PIERRES DE GÉANTS

    Un dicton de Cornouaille prétend qu'enlever les pierres de Berrien est parmi les quatre choses impossibles à Dieu.

    Tri zra n'hall ket an Aotrou Doue ober:

Diveinañ Berrien (pe kompezañ Brazparzh)

Diradeniñ Plouie

Ha dic'hastañ Poullaouen

Trois choses que Dieu ne peut faire: dépierrer Berien, (ou aplanir Brasparzh), défougérer Plouie, et députasser Poullaouen 

    Dihasta Poullaouen c'est dans le sens d'assagir les filles de Poullaouen ( de gast putain) ".Ce dicton n'est pas si ancien que ça , il date de la fin du XVIII siècle du temps des mines. il se référé à ces femmes émancipées de la tutelle des hommes et des prêtres qui n'avaient que seul salaire leur travail aux casseries et laveries à Poullaouen .Elles sont à l' origine en 1767 de la première grève du monde ouvrier féminin .Elles n'ont pas craint de tenir tête 6 semaines à une direction intransigeante ,et elles ont gagné .Le droit de grève excitait et était toléré dans l'ancien régime. C'est la Révolution-Française qui l'aboli.

    réf  Monange "Une entreprise industrielle au XVIII siècle  . Les mines de Poullaouen -Huelgoat  1972.

 


    Par Berrien, disons tout de suite qu'il faut, bien sûr, entendre Huelgoat qui lui fut longtemps rattaché. Ainsi donc les Bretons mettaient en doute la toute puissance de Dieu pour enlever tous ces monstres de pierres qui émergent des bois, des landes et des prairies, qui se sont assemblés en chaos et entassés dans les vallées pour faire dire un chant rocailleux à l'eau de la rivière.

    Mais leur vieux paganisme doutait moins de la force de Gargantua, ce héros celtique bien antérieur à Rabelais. Lors de sa venue dans ce coin de Cornouaille; Gargantua ne s'était vu servir dans une ferme que de la bouillie de sarrasin. Furieux d'un si triste repas, il passa bien vite en terre léonarde et pour se venger lança, vers ce pays d'Huelgoat, tous les rochers qu'il rencontrait sur sa route jusqu'à la mer. C'est pourquoi les terres du Léon sont si fertiles et celles de. Haute Cornouaille si pauvres et caillouteuses. Avant de partir, Gargantua avait signé son passage : un rocher a gardé le concave des formes charnues du géant.

    Là se trouve la fameuse Roche Tremblante, pierre d'épreuves et de consultations qui oscille lentement par une simple pression du dos..

    . Selon les petits guides qui vivent tout l'été dans le chaos comme une bande de lutins malicieux, il y aurait eu querelles de clochers. Les bourgs de Berrien et de Plouyé, jadis, s'en voulaient à mort. Et non seulement les paroissiens mais aussi leurs recteurs, ce qui est fort mal pour des gens d'église. Ils s'en voulaient à tel point, que ces derniers, de leur paroisse respective, en vinrent à se bombarder à coup de rochers. Ils avaient trop présumé dex leurs forces et les pierres tombèrent à mi-route sur la paroisse d'Huelgoat formant le Chaos du Moulin. Mais, explique-t-on : le recteur de Plouyé avait un tir plus long. Aussi la rive de Berrien est-elle plus profondément parsemée de blocs que celle de Plouyé.

    Là se trouve la fameuse Roche Tremblante, pierre d'épreuves et de consultations, qui, à un endroit précis, tel un déclic magique, oscille lentement par une simple pression du dos. Le vieil homme, qui fait rouler sa pierre verte et moussue à souhait, officie avec le sérieux d'un fabricien de pardon.

    Tous ces rochers ont été le berceau de légendes à géants, tel ce Hok Braz, qui venait y jouer tout enfant. A trois ans, il avait déjà plus six pieds et comme il n'était pas encore baptisé, son père demanda à sa tante d'Huelgoat d'être sa marraine. Hok Braz marchait comme un homme et la tante n'eut pas la peine de le tenir sur les fonts baptismaux. Hok Braz fut gentil, mais, lorsque la tante lui mit du sel dans la bouche, il toussa si fort que le bedeau fut jeté contre un pilier où il se fit une jolie bosse à la tête. Et Hok Braz de rire de si bon cœur que tous les vitraux de l'église volèrent en éclats.

    BERNARD DE PARADES


    La légende du hok-bras 

    Hok-bras: Le publicateur du Finistère ,n° du 5 septembre 1874 conté par Jakou -ar-gall de Botmeur.


    LE CHAOS D'HUELGOAT

     

    ARRONDIS, façonnés de vieillesse, les rochers d'Huelgoat poussent à pleins prés et pleine forêt.  Ils  sortent de la terre et se vautrent comme des bêtes couchées. Tantôt seuls, tantôt en chaos amoncelés, ils appellent une question. Mais ne croyez pas les petits guides lorsqu'ils vous assurent que « c'est l'eau de ruisseau tari, ils vous affirment que « l'eau est partie chercher d'autres pierres ».

    Pour entrevoir la vérité, vous imaginerez plutôt un commencement du monde à la mode bretonne. Au temps où le créateur brassait le granit en fusion, dans cette pâte qui ressemblait à quelque mauvaise bouillie de blé noir,. il s'était produit des grumeaux. Le Yod gwiniz du a refroidi et les années y ont mis les dents, crachant de temps à autre des imperfections de cuisine.

BERNARD DE PARADES


« Gargantua, revenant de Paris, poussa jusque dans le Léonnais, où il reçut l'hospitalité la plus digne. Partout on couvrit sa table des mets les plus recherchés et les plus abondants. Pour lui on décrochait les jambons, les andouilles. En son honneur on perçait les tonneaux.« Chez les Cornouaillais, au contraire, on ne lui avait offert que des crêpes et de la bouillie, mets trop peu réconfortants pour un estomac tel que le sien. Alors sur la surface du Léonnais, existaient de gigantesques montagnes qui gênaient les habitants. Indigné du peu de courtoisie des Kernéwotes, le fils de Grand-gousier et de Gargamelle, un jour qu'il jouait aux petits palets, leur jeta les pierres qui couvraient le sud du pays de Léon et les éparpilla depuis Plougastel jusqu'à Huelgoat. La fertilité du littoral du Finistère, depuis le Conquet jusqu'à Saint-Jean-du-Doigt, devint ainsi la récompense de l'accueil qu'ils avaient fait à l'illustre voyageur. »(Levot, d'après M. J. E. Brousmiche, Annuaire de Brest, 1866).


Un jour que Gargantua se trouvait à Roscoff, il eut soif, et s'étant penché pour boire sur le bord de la mer, il avala deux vaisseaux, l'un français et l'autre anglais, qui se battaient et qui continuèrent à tirer le canon dans son corps

II eut faim et avala tout ce qui lui tomba avec la main en blé, légumes, etc ; mais comme tout cela était vert, il lui prit un grand mal de ventre, et il conchia tout le pays ; c'est depuis ce temps que les environs de Roscoff sont devenus si fertiles.

(Conté par M. Th. Pilven, qui l'a entendu dire à une de ses bonnes, bretonne illettrée).


Les bœufs de Saint Herbot

    les légendes de Saint  Herbot

 

Saint Herbot avait commencé par s'établir à Berrien sur les pentes de la rude montagne de l'Arrée. Sa prédication captivait tant les paysans qu'ils en oubliaient de travailler leurs terres. Du moins  leurs femmes le prétendaient. Quoi qu'il en soit du vrai, elles menèrent au saint une vie impossible. On lui vola les pauvres vêtements qu'il mettait à sécher, on parla de faire flamber sa hutte, on alla même jusqu'à jeter des pierres en criant des injures.

Herbot qui avait patienté longtemps, finit par s'emporter : « Que la terre de Berrien ne produise plus que du caillou ! Que Dieu même dans sa toute puissance fasse qu'on n'en puisse arracher les pierres ! » Et, sans se retourner, Herbot partit, laissant derrière lui des rochers semés par toute la campagne... Il arriva bientôt aux lieux où il devait se fixer jusqu'à sa mort et commença à bâtir son « penity ». Il lui fallait un attelage.

« Allez avec mon troupeau, lui dit le maître du Rusquec, je vous donne avec deux bêtes à votre choix. » En fin connaisseur, Herbot choisit deux magnifiques bœufs, parmi les plus beaux. On dit qu'ils restèrent attachés au saint tout le temps de sa vie, tant et si bien qu'à sa mort ils ne voulurent se tenir ailleurs qu'auprès de son tombeau. Ils ne quittèrent ces lieux qu'avec la suite de ce que je vais vous dire.

Une coutume s'était établie qu'on pouvait venir prendre les bêtes pour les labours, le matin au lever du soleil... « Mais à une condition, Jean-Marie, c'est que tu les ramènes avant le coucher du soleil!,! » Or, un jour, il y eut un Jean-Marie si acharné avec le travail qu'il vint prendre les boeufs avant l'aurore, et ne les reconduisit qu'une heure après que la nuit fut venue.

Le lendemain, les bêtes avaient quitté le tombeau de saint Herbot pour ne plus revenir. Certains affirment que dans les nuits noires deux grands bœufs lents errent dans la campagne en meuglant. Mais personne, jusqu'ici, n'a pu les approcher.

Y-P Castel ( Légendes dorées des saints bretons  Editions de Jos  Le Doré 1960 )