Le mythe des trois morts.

Le géant (ou une divinité ?) du bassin de Gundestrup.(2 siècles av Jc)

  la scène du géant du bassin de Gundestrup est interprétée comme un sacrifice humain par noyade dans une cuve , par d'autres comme le passage dans l'autre monde par immersion dans la cuve qui procure l' immortalité. Or le Gouffre s' appelle en breton  ar Gwibel ar Rampsez (la cuve de la géante).Il est indéniable que le Gouffre du diable est le puits sacrificiel  du sanctuaire  de l' oppidun  d' Artus .Il a les mêmes symbolismes du mythe celtique du passage des vivants vers l'autre monde  qu'est la scène du Géant du bassin de Gundestrup .Ce géant, ici à Huelgoat ,s'appelle  "Hok-bras"et sa parédre féminine "Ahés ". La divinité du bassin de Gundestrup a les mêmes attributs que  Sucellos .(l' intercesseur entre le monde des vivants et des morts.).

Dans la légende de la Ville d'Is,les jeunes amants d'Ahés étaient étranglés  à IS, ils ne furent pas jetés aussitôt dans l'Océan mais leurs corps furent transportés par l'homme noir  au HUELGOAT. C'est  pour perpétrer  le sacrifice rituel des trois morts, par la chute, par la noyade dans les eaux sacrées du Glann-vez  et que leurs dépouilles soient ensevelies  à jamais  dans l' utérus de la déesse mère ( une lesbienne et  un VAGIN en breton: AR GOUHIN ) dans les profondeurs  de la Terre  de Ahès la VOUIVRE que sont les grottes souterraines  du  Gouffre du Diable.  En ce lieu ,les anciens devaient sacrifier le Bouc émissaire de leur communauté en une triade rituelle des trois morts dans ce vagin de la déesse mère , ce chaudron créé  par la nature  qu'est le Gouffre du Diable par étranglement ou par le sang , par la noyade dans le torrent et par l' inhumation dans les profondeurs de la Terre la victime ( victima destinée à gagner les faveurs :en latin) ou l'hostia (victime destinée à expier le courroux des dieux : en latin) . Cette légende  correspond exactement bien aux sacrifices humains ou aux suicides rituels:  Une triade rituelle des trois morts de la mythologie celtique. Cet épisode de la légende d' IS a été occulté car elle reflète  l' existence  de la triade de la mort en tant que sacrifice consenti ( le bouc émissaire) ou euthanasie rituel chez les celtes à la déesse mère . Les suicidés du Gouffre du Diable, recherchaient ils  dans ce rituel  en subissant  aussi leurs trois morts  par chute,par noyade et ensevelissement . Ils ne pouvaient pas être damné  par les siens et l' EGLISE , sans sépulture en terre bénite. vu qu'on ne retrouvait jamais leur corps.

La cuve permet de se protéger du démon des  Enfers.


La trinité des trois morts du martyre de saint Denis.(Le mythe fondateur de Paris capitale de la France)

Anne-Lombard Jourdan, Montjoie et Saint-Denis! Le Centre de la Gaule aux origines de Paris et de Saint-Denis, presses du CNRS, 2002

Le royaume de Mide, la plaine du Lendit et la Lutèce celtique

Martyre des saints Denis, Rustique et Eleuthère .Lors de la décollation par la hache des trois saints par trois bourreaux frappant au même temps ,trois couronnes descendant du ciel pour récompenser les martyrs.


Ahés-Dahut fille du roi Gradlon menait une vie fort dissolue sur la côte de Cornouaille, dans la ville d'Ys aux environs de la baie des Trépassés près de Douarnenez  chaque nuit elle se choisissait un amant parmi les plus beaux jeunes gens de la ville mais l'heureux élu ne voyait jamais le jour paraître, car des serviteurs zélés d'Ahés étranglaient le jeune homme, emportant son cadavre très loin pour le jeter dans le Gouffre à Huelgoat .Quand par sa faute, la ville d' Ys  fut engloutie par les eaux.

L'un des souterrains de la ville d'Ys aboutit dit-on au gouffre d'Huelgoat et le bruit qu'on y entend n'est pas seulement produit par la rivière mais aussi par les vagues qui s'en viennent jusque là...

Version de BERNARD DE PARADES


Ce lieu est terrible, car là s'élevait un château formidable et, du haut de ses créneaux. Car Ahès, que d'autres nomment Dahut, la fille maudite du roi Gradlon, faisait précipiter dans le gouffre ses amants épuisés. Parfois, pendant les nuits d'orage, on entend leurs voix qui brament sinistrement et demandent une sépulture en terre bénite.

Gustave  Flaubert Maxime Du Camp (1847)


Elle leur donna un masque magique avec lequel ,ils pouvaient, dès le soir, la rejoindre secrètement dans une tour bâtie an bord des écluses.« Ils y restaient avec elle jusqu'à l'heure ou les hirondelles de mer  recommençaient à passer devant les fenêtres de la tour; alors la princesse leur disait bien vite Adieu, et, pour qu'ils puissent sortir sans être vus comme ils étalent arrivés, elle leur  remettait le masque enchanté; mais cette fois il se resserrait lui  même les étranglait !. Un homme noir prenait alors le corps mort, le plaçait en travers sur  son cheval , comme un sac de monture et jeter au fond d’un  précipice, entre Huelgoat et Poullaouen. Ceci est bien la vérité, car aujourd'hui même, pendant les nuits sombres, on entend, au fond de la ravine, les plaintes de leurs âmes. Que les Chrétiens pensent a elles dans leurs prières!

Extrais de la Légende de la Ville d' IS  d' Emile Souvestre  vers 1820

Dans cette légende chrétienne, les jeunes hommes sont étranglés je ne pense pas qu'ils ont été tués de la sorte ,c'était une mort infamante  qu' on resservait  seulement aux animaux et aux criminels chez les celtes: plutôt il ont eu la tête tranchée . Je ne vois pas transporter sur une si longue distance leurs corps entiers sur des chevaux qui étaient à l'époque des poneys .Je vois plutot  le cerf volant des légendes de saint Edern et de saint Thélo ou  celui  cheval androcèphale ( le  Pégase celtique  psychopompe  né du sang de la  Méduse) qui  dans toutes representations gauloises est lié au culte des têtes coupées

Statère des  Osismes de ce sanctuaire du  Gouffre .

 

 La légende de la Mare aux fées .Les salles aux Fées ou les salles vertes

Sortant du gouffre légendaire, la rivière d'Argent coule au milieu d'innombrables rochers. L' Argoat est un monde de légendes où la croyance fabuleuse reste tapie : «Les salles aux Fées ou vertes  . C'est le lieu de réunion de ces Dames des bois. La reine occupe le plus haut rocher et les petites fées se placent sur les autres pierres. Une fois l'an, la nuit de la Saint Sylvestre, elles tiennent séance plénière et celles qui ont désobéi à la règle des fées sont alors jugées. C'est ainsi qu'une .jeune fée accusée d'avoir parlé aux garçons du pays, fut jetée dans la Mare en punition de ce forfait. La fée est restée au fond de l'eau claire. Mais ceux qui cherchent à l'apercevoir sont irrésistiblement attirés vers la Mare et se noient.

BERNARD DE PARADES

 Dans cette légende d' inspiration chrétienne ,on retrouve le  mythe  du culte  celtique de Sucellos et sa paréde Ahés. Les Dames des bois se réunissaient la nuit de la saint Sylvestre ( l' origine latine de ce saint est  le bois : en breton ar c'hoad soi ,le "saint des bois") pour le sacrifice rituel  du Bouc émissaire annuel du groupe des femmes consacrées à la divinité païenne des ténèbres ,régente des bois sombres et des rivières souterraines du Huelgoat à la divinité celtique Sucellos Sylvanus ) le Bacchus romain le  Dionysos grec, dieu chthonien de l'hiver, complémentaire ou opposé à l'Apollon solaire. La reine des Dames des bois du haut des rochers du Kastell-Gwibel dominait sa cour en contre-bas à la résurgence du Gouffre des Salles vertes ses jeunes vierges des bois . C'est bien Ahés, la géante ,la Vierge de la cuve du gouffre "ar gwibel ar rampsez"La punition d' une de ces Dames des bois  d' avoir eu commerce dans ce sanctuaire des bois avec un homme  était  de rester à tout jamais au fond de l'eau des profondeurs du Gouffre. C'est bien l' image d'un sacrifice humain sans effusion de sang par immersion ou d'une noyade rituelle .

Notre légende locale ressemble  à si m'éprendre aussi au récit de plus de deux milles ans de Strabon .

Dans l'Océan, non pas tout à fait en pleine mer, mais juste en face de l'embouchure de la Loire, Posidonius nous signale une île de peu d'étendue , qu'habitent soi-disant les femmes des Namnètes. Ces femmes, possédées de la fureur bachique, cherchent, par des mystères et d'autres cérémonies religieuses, à apaiser, à désarmer le dieu qui les tourmente. Aucun homme ne met le pied dans leur île, et ce sont elles qui passent sur le continent toutes les fois qu'elles sont pour avoir commerce avec leurs maris, après quoi elles regagnent leur île. Elles ont coutume aussi, une fois par an, d'enlever la toiture du temple de Bacchus et de le recouvrir, le tout dans une même journée, avant le coucher du soleil, chacune d'elles apportant sa charge de matériaux. Mais s'il en est une dans le nombre qui en travaillant laisse tomber son fardeau, aussitôt elle est mise en pièces par ses compagnes, qui, aux cris d'évoé, évoé, promènent autour du temple les membres de leur victime, et ne s'arrêtent que quand la crise furieuse qui les possède s'est apaisée d'elle-même. Or ce travail ne s'achève jamais sans que quelqu' une d'entre elles se soit laissée choir et ait subi ce triste sort,  STRABON né à Amasée en Cappadoce (actuelle Amasya en Turquie) vers 57 av. J.-C., mort entre 21 et 25 ap. J.-C.,c'est un géographe grec.)

La légende dorée de la statue de saint Jean et son calice de la chapelle des Cieux

 La Dame blanche

La tradition veut qu'autrefois la Croix neuve était le terme d'un pardon dont la procession partait du bourg, aujourd'hui subsiste non loin de la croix un tronc à offrandes où les pèlerins déposaient leurs oboles.

Il était d'usage de faire une visite à la chapelle en revenant du pèlerinage à la Croix Neuve où les mères se rendaient avec leurs enfants, le premier dimanche de mai.

A propos de l'érection de cette croix voici le récit rapporté par le curé NAISSANT :« Un bon vieillard plus respectable encore par la foi antique que par son âge, se rendant du Huelgoat chez lui en passant sur l'emplacement actuel de la croix, y vit une belle dame qui lui donna une certaine somme d'argent pour ériger cette croix en pierre. Elle lui assura que cette somme suffirait à la dépense. Notre homme fut d'abord peu ému de cette rencontre, il ne songea à cette vision céleste qu'après que cette dame eut disparue à ses yeux, sans qu'il s'en aperçut. Persuadé que Notre-Dame des Cieux lui avait apparu, il s'adressa dès qu'il put à un tailleur de pierre pour lui faire sa commande. Mais ce qui l'étonna beaucoup et lui fit croire de plus en plus qu'il avait reçu la faveur d'une vision céleste, c'est que ce tailleur de pierre lui demanda pour prix de la confection et de l'érection de cette croix, la somme que cette belle dame lui «avait remise à cet effet, et qu'il pensait insuffisante ».Ce texte ferait remonter la croix au XIXe). Mais la croix  date du XVIII est située à un  carrefour. de voies gallo-romaines.

Dans ce récit rapporté en 1855 par un curé bien avant les apparitions de Lourdes en 1858 est en fait la trame de la légende encore vivante, dans une population locale qui croyait fermement de l' existence réelle ,de la Dame blanche nom donnée aussi aux Fées ou Belle Dame  par notre curé.

C'est trop clair dans ce récit ou ce conte ,notre curé  croit aussi au mythe de la Dame blanche  de ses ouailles .mais non la païenne AHES , la déesse mère mais c'est celle d'une vision céleste la Vierge de la chapelle An Intron Varia AN NEON.

Les milliers de pèlerins venaient  vénérer dans son sanctuaire la Vierge du Huelgoat lors du pardon. Leurs dévotions  ressemblent plus au culte païen de la Déesse mère et ses attributs du coté obscure que celle du dogme de l' Immaculée Conception  .Elle protège d'une mort violente ,elle est  la Vierge qui donne la Victoire comme nous le dit bien la légende  de la création de la chapelle an Intron Varia AN NEON c'est un veux à la Vierge  pour avoir  la Victoire et la mort des ennemis lors d'une guerre. Elle est celle qui protège des chutes , des noyades ,des chemins et ses carrefours d'où arrivent les grandes pestes et les grands dangers et  bien sur des aléas la maternité .   

Les soit disant miracles dus à la dévotion d'an Intron Varia AN  NEON  dans le texte qui suit  m'interpelle ,ils sont de deux ordres la chute et la noyade dans les eaux tumultueuses comme ceux qu' on raconte dans les légendes des sacrifiés à AHES précipités  de son Kastell ar Gwibell sur les rochers du torrent du Gouffre du Diable .

Ce curé ne peut pas le dire dans ce texte ,il y a du  paganisme chez ses ouailles qui se recommandent à  la VIERGE de Notre DAME des CIEUX .Elle est la DAME BLANCHE du Gouffre, l' annonciatrice d'une mort violente ,celle qui donne la mort ou la vie .Lors d'une chute et d'une noyade, Ils se sont recommandés pour eux-mêmes ou les siens en fait en suppliant la Vierge qu'elle ne les emporte pas dans son monde des ténèbres.

Il est logique  dès quand on n'a plus cru aux merveilleux ,aux FEES et à la Dame Blanche , la dévotion à la Vierge de la chapelle An Intron Varia AN NEON ,la Dame Blanche soit partie en quenouille .

C'est Théophile-Marie NAISSANT qui fut curé de Huelgoat à partir du 15 novembre 1855 qui nous relate les faits suivants dans une notice qu'il rédigea en 1857 : « La dévotion vraiment grande que Ton a dans tout le pays pour Notre-Dame des Cieux, vient sans nul doute des bienfaits nombreux et signalés de sa toute puissance. Il serait trop long de raconter toutes les merveilles opérées par son entremise et dont on a conservé religieusement le souvenir. Je n'en apporterai que quatre, et si je leur ai donné la préférence, c'est moins à cause de ce qu'il y a de prodigieux que parce qu'elles m'ont paru mieux prouvées et qu'elles m'ont toutes été attestées par des témoins encore existants et très dignes de foi. - Il y a 10 ans qu'un marchand forain traversant dans sa charrette la rivière de Saint-Herbot, grossie par une pluie d'orage, fut entraîné par la violence du courant. Sa mère qui en même temps, accompagnée de plusieurs personnes, passait aussi la rivière sur un petit pont praticable seulement aux piétons aperçut le danger que courait son fils et le recommanda à Notre-Dame des Cieux. Aussitôt le cheval qui avait pied, put briser instantanément ses traits, vint passer auprès de son maître qui s'élança de la charrette sur lui, et sortit avec son aide, sain et sauf de la rivière. Presqu’île même moment la charrette fut culbutée et roulée dans les eaux profondes. On ne la retrouva que quelques jours après. - Un charpentier travaillait à Brest au faîtage d'une maison de quatre étages, ayant senti son point d'appui lui manquer, il eut le temps avant sa chute de se recommander à Notre-Dame des Cieux. II tomba d'une si grande hauteur sans éprouver le moindre mal. En reconnaissance d'une protection si visible, il est venu à pied à Huelgoat et y a assisté à une procession, nu-pieds et en corps de chemise.. - Il y a maintenant quarante et quelques années qu'un nommé Hervé Lozac'h, âgé de quinze ans, enfant au meunier d'Huelgoat, tomba par mégarde dans la cage des roues. Etourdi de sa chute et de l'eau qui lui tombait sur la tête, il se laissa aller au courant qui l'entraîna jusqu'à la chaussée qui donne naissance au canal supérieur de la mine. Mais au lieu de suivre ce canal qui passe par dessous la montagne dite du Pouly, Hervé Lozac'h fut emporté par les eaux, qui étaient très fortes, par dessus la chaussée. Là le torrent fait une chute d'à peu près dix pieds, se précipite ensuite avec furie au travers de petites roches, puis disparaît tout à fait à une vingtaine de pas de là, et roule avec une violence et un fracas effroyables sous d'énormes rochers qui le cachent entièrement à la vue. Il fut heureusement lancé par une houle sur une roche qui se trouvait presque à fleur d'eau. A demi asphyxié et brisé, il ne put savoir combien de temps il resta sur cette roche avant de reprendre ses sens. Revenu à lui, il fut saisi d'effroi en se voyant sur une roche que l'eau couvrait de temps à autre, et au milieu d'un vaste bassin dont il ne pouvait connaître la Profondeur. Que faire dans cette position extrême où le pauvre jeune homme avait incessamment à craindre d'être enlevé par les eaux ? Crier était inutile, il comprenait bien que personne n'était à portée de l'entendre à la profondeur où il était, et que sa voix déjà affaiblie eût été certainement étouffée par les mugissements bien plus forts du torrent. Plongé, pour ainsi dire dans un abîme, il se vit privé de tout espoir de secours de la part des hommes. Dans cette triste extrémité, il invoqua avec foi Notre-Dame des Cieux. f Ayant comme par miracle recouvré tout à coup ses forces, il put gravir ces énormes rochers qui surplombent au dessus du torrent, et vint raconter à ses parents les dangers qu'il avait courus, et] l'assistance maternelle de la divine Vierge que les enfants n'invoquent jamais en vain. Ce fait considéré. comme miraculeux par les habitants de Huelgoat, m'a été rapporté par la demi-sœur de Lozac'h... - Voici le 4e fait, il me paraît plus prodigieux encore. Il a eu pour témoins plusieurs personnes qui encore pleins de vie, pourraient l'attester, comme me l'a fait le sieur Jean Louis LE GALL, maître' charpentier de la mine, trésorier de la fabrique et adjoint au maire du Huelgoat. Je le rapporte tel qu'il m'a été raconté par Françoise LE SOUFACHE aujourd'hui femme CITOL.. Un jour du mois de juin, Françoise LE SOUFACHE âgée de 4 ans et 5 mois suivait sa mère qui; habitant la Mined'Huelgoat, allait laver sur le bord du canal supérieur. La sœur un peu plus âgée était avec f elle. La petite Françoise courait sans précaution pour suivre sa mère et sa sœur. Le pied étant venu à lui manquer et le chemin étant en pente, la pauvre enfant glissa dans le canal, qui à cet endroit était plus rapide! à cause de la déclivité du terrain. La mère l'ayant entendue ou vue tomber, voulut la saisir au passage eil put accrocher son tablier qui flottait. Mais bien que le tablier fût neuf, le morceau lui resta entre les mains! Et l'enfant fut emportée par le courant. Désolée, effrayée d'avoir manqué de sauver sa fille et la croyant perdue, cette pieuse mère n'eut que le temps de la recommander à Notre-Dame des Cieux, et tombal aussitôt en faiblesse. L'enfant fut promptement emportée par l'eau sur une roue qui avait 40 pieds de diamètre. Cependant aux cris d'angoisse de la pauvre mère, les charpentiers dont l'atelier était tout à faill contre la roue, se précipitèrent pour l'arrêter au passage. Us virent bientôt la petite fille dans un des augetsl comme dans un berceau, un bras en dehors ; mais la rapidité de la roue ne leur permit pas de la saisir et elle! Tomba dans la cage. 30 ou 40 ouvriers descendirent dans les galeries avec leurs lampes, et marchèrent de  front de manière à former un barrage de leurs jambes. Jean Louis LE GALL, maître charpentier, était enl tête un peu en avant. D sentit bientôt l'enfant lui donner contre les jambes, la saisit promptement et la portai chez Madame DUCHENE femme du sous directeur de la mine. La petite Françoise ne donnait aucun signe) de vie, elle était toute froide, l'asphyxie était complète; on la croyait morte. Elle avait été 3/4 d'heure dans l'eau. Madame DUCHENE lui prodigua les soins les plus intelligents,! et, au bout d'une demi heure l'enfant revint peu à peu à elle et appela sa mère et son père. Qu'on s'imagine la joie de ces bons parents en s'entendant appeler par la fille dont ils pleuraient h\ mort !... , • Le 1er dimanche du mois d'août suivant ; Françoise LE SOUFACHE assistait à la procession du pardon des Cieux, portée sur les bras de son père, et ayant un cierge de trois francs à la main Le temps était mauvais pour la saison, et malgré les précautions des pèlerins leurs 'cierges s'éteignaient sans cesse. Celui de la petite Françoise, qui loin d'en prendre aucun souci, s'amusait en l'élevant et l'abaissant, restait seul allumé. On sortait des rangs pour allumer à son cierge les autres cierges qui s'éteignaient presqu'aussi tôt. Enfin on crut remarquer quelque chose de prodigieux dans le fait de ce cierge que ni le vent, ni la pluie, ni la maladresse des pèlerins, ni l'insouciance de l'enfant qui le portait, ne pouvaient éteindre».

 

 

L'origine du nom Aés.

Le nom d'Aès viendrait du nom de la ville de Karaes.

Bernard Tanguy a étudié l'évolution du nom de Carhaix au fil du temps : son écriture Caer-Ahes en 1081, signifie la ville fortifiée d'Aès.(63) En remontant dans le temps, Karaes portait le nom gaulois de Vorgion, de guerg, actif et de Werki, ouvrage fortifié, ce qui indique un site défensif. Après la conquête romaine, Vorgion est latinisé en Vorgium, ville romaine où convergent pas moins de douze voies. Ce nom de Vorgium disparaît, remplacé par Corophesium ou Carophesium en 818, évolué en Carofes, désignant un lieu de carrefour. D'après le même auteur (64) : "Carofes, devenu Caro(h)es, puis Cara(h)es, le nom sera inter­prété comme un composé formé avec le vieux breton caer, soit Caer-Ahes, ce qui donne naissance à la légende d'Ohès, seigneur de Carhaix, puis à celle de la princesse Ahès, d'où le nom de hentAhès" ; il conclut que Carhaix aurait peut-être été désigné sous le nom de Caer Carofes, le lieu fortifié du carrefour.

C'est ainsi qu'il nous explique la naissance du personnage légendaire d'Ahès, à partir de l'évolution toponymique du nom de Carophesium.

•   La chanson d'Aiquin.

La plus ancienne référence à une princesse apparaît dans la chanson d'Aiquin du XIIe siècle, fourmillant de réminiscences de l'Armorique romaine : la dame, qui n'est pas nommée, est la fille de Corsoult, la ville de Corseul, et l'épouse du roi de Carhaix Ohès, le viel barbé. Prise d'une "foui pence", elle fit construire une grand-route de Carhaix vers Paris. En voici un extrait (65) :

"Elle fist fere un grant chemin ferré

Par où alast a Paris la cité

Quar le pays est de bouays tout planté.

A Quarahès, ce saichez de verte,

Fut le chemin commencé et fondé.

Par celle damme fut maint chesne coupé,

Et abatu maint grand arbre ramé.,           

Quant ce chemin fut fait et compassé ' '

Plus de vingt lieues fut le chemin ferré".

La chanson d''Aiquin est le récit de la conquête de la Bretagne par le roi Charlemagne, composée dans la deuxième moitié du XIIe siècle. D'après M. Déceneux (66), sa valeur historique est nulle mais sa trame invite à penser qu'elle a été calquée sur celle d'un récit antique pré-chrétien. "On peut y discerner des structures narratives comparables à celles de proto­types celtiques anciens."

(63) cf. Tanguy Bernard, op. 43.(64) Ibidem.(65) cf. Eveillard J. Y, op. cit. 17. ;'/,.(66) cf. Déceneux Marc, op. cit. 10.

Ce "monument de la littérature médiévale bretonne" ferait partie du patrimoine mythologique armoricain, équivalent continental du mythe irlandais de la bataille de Mag Tured (67): des moines auraient recueilli par écrit des éléments de la mythologie gauloise comme l'ont fait de leur côté, les moines irlandais. »

Les noms Ohès et Aès se ressemblent trop pour ne pas désigner un seul et même person­nage : Aès faisait partie d'une tradition déjà bien établie correspondant dans l'imaginaire populaire à une princesse séduisante ou à une sorcière, la gwrac'h bâtisseuse de grandes routes. Aès est donc un personnage mythique mais la question reste toujours posée sur l'origine de son nom.

La mythologie irlandaise

La chanson d'Aiquin présente une analogie parfaite avec le mythe de la bataille de Mag Tured. D'après M. Déceneux, le poète du Xlle siècle aurait fidèlement repris la trame structurelle d'un ancien écrit racontant un mythe préchrétien en Armorique : ceci nous montre l'existence d'une mythologie similaire dans les deux pays*

C'est ainsi que l'on retrouve aussi en Irlande le terme à'Aès associé au Sidou infra monde, peuplé d'êtres surnaturels, fées, génies et aussi monde des défunts, c'est-à-dire les ancêtres du peuple irlandais, vaincus par les envahisseurs gaèls qui les obligèrent à vivre dans les tertres funéraires (68). Ce "peuple des tertres" faisait le commerce des métaux à l'âge du bronze.(69) Le nom à'Aès peut donc être associé à celui des métaux et la princesse armoricaine pourrait être une divinité de ce peuple des tertres. La racine indo-européenne ays désigne en effet les métaux en général : on la retrouve dans aès qui signifie le cuivre en latin, dans hoiarn, le fer en vieux breton, isarnon en celtique ancien, isarno en gaulois, iarn en vieil irlandais.(70)

* Similitude retrouvée également entre le mythe de la Ville d'Is et plusieurs récits antiques irlandais.

La mythologie bretonne

• Relation entre le nom à' Aès et le nom de la légendaire ville d'/s Le nom A' Aès est lié au mythe de la ville d'Is et de la princesse Aès, fille du roi Gradlon. Bernard Tanguy (71) écrit à propos de la signification de Ker Is : "C'est très certainement, de Ker A-is, ville d'en dessous, qu'est né le nom de Ker Is". La notion d'inframonde est retrouvé dans cet "habitat inférieur" représenté par la ville d'Is1 ou A-Is, en dessous ;

(67) Cette bataille raconte l'affrontement des dieux d'Irlande avec le peuple infernal des Fomoiré(68) En Irlande, les Tuatha De Danann, tribus de la déesse Dana, représentent les ancêtres divinisés, surnommés aussi Aès Sidhe, cf. Freeman M, op. 18

(69) Le forgeron de l'âge du bronze représente la puissance souterraine qui tire des entrailles de la. terre le minerai permettant de créer les charrues, les armes, les bijoux, instruments de conquête pour les héros antiques.

(70) cf. Ploneis J. M, op. 40.(71) cf. Tanguy B, op. 44.

Aès et A-is auraient la même racine indo-européenne ays, désignant les métaux qui sont eux-mêmes "en dessous terre". G. Le Scouezec remarque qu'il existe une confusion en toponymie entre Aès et A-/s, comme dans hentA-Is, mogerA-Is.

Ainsi, Aès est née à Ker-A-Is, la ville d'Is, plutôt qu'à CaerAès qui n'a de mythique que le nom. Sa mythologie est restée bien plus vivante et puissante dans la baie de Douarnenez où la légende situe Ker-Is, la ville engloutie ; et au Huelgoat, forteresse osisme vaincue par les Romains, qui garde aussi une mythologie bien supérieure à Carhaix, du moins en ce qui concerne la princesse Aès. La légende qui fait de CaerAès un refuge de cette princesse, vient sans doute du prestigieux passé gallo-romain de cette ville avec son réseau de chemins en étoile, la rendant digne d'elle.

• Aès la géante et la légende au Huelgoat

La légende populaire fait intervenir une géante pour la construction du chemin d'hentAès car il semblait démesuré par rapport aux autres chemins.

Au XVIe siècle, Eguiner Barou parle d'une géante Aha (72) : "// se trouve dans le comté de Cornouaille en Bretagne Armoricaine une ville close, appelée d'après une femme géante^, Aha, du nom de quer-Ahez, ce qui signifie la ville d'Aha."

Au XVIIIe siècle, les gens du pays appelle le gouffre de Huelgoat, quiber à rompess, kibet ar ramzez soit la cuve de la géante (73).

La princesse Aès résiderait donc près du gouffre, endroit où la rivière d'Argent se "perd" : après une chute de dix mètres, le torrent disparaît sous les énormes rochers dans les entrailles de la terre, là où la fille du roi Gradlon fait jeter ses amants. Au-dessus du gouffre se trouve Kastel ar gibel, le château du gouffre, où l'on dit qu'une belle demoiselle revient chaque nuit attendre son héros. Mais celui qui approche la blanche apparition voit un énorme serpent se nouer autour de son gracieux cou.(74)

Le serpent, animal tellurique, nous ramène à l'inframonde et au Sid, demeure de la déesse mère la grande serpente Argante ; son nom vient de an arc'hant, Vargent, provenant de la rivière d'argent, donc du très important gisement de plomb argentifère du Huelgoat et Poullaouen, révélé par une sorcière d'après la légende. (75)

Argante la géante serait la mère d'Aès, son père étant le géant Gewr auquel on attribue la création du chaos du Huelgoat.(76) Le lien entre Aès et la pierre se manifeste dans les toponymes caraes trouvés à Ouessant, Pestivien,- Portsall, Brennilis, Brehant-Loudéac, Lanveneguen Méllionnec; ce terme désigne sans doute des karr(eg)-Aès, les rochers d'Aès, ce qui nous conforte dans l'idée de filiation entre le Gewr et Aès.

(72) cf Le Scouezeg G, op. 35 (73) Ibidem.(74) cf. Le Scouezec G. op. cit. 34.(75) cf. S Sébillot Paul, op. cit. 42.(76) En mythologie, les géants représentent les forces du chaos originel : c'est la manière qu'avaient les hommes de l'antiquité d'expliquer la puissance débordante de la nature qui les dépassait et souvent les détruisait.

Les diverses facettes de la mythique Aès.

Les humains créèrent plusieurs divinités à leur image pour contrôler les événements tels que la guerre, la souveraineté, l'amour, la guérison et pour expliquer la naissance et la mort. Emergea lentement la croyance en une vie après la mort. Les mythologies se sont succédé se servant certaines croyances antérieures, bribes éparses et édulcorées qui nous sont parvenues depuis la civilisation des mégalithes jusqu'à celle des Gallo-Romains.

La sorcière Aès, allégorie de la guerre et de ses malheurs

Elle est évoquée dans la chanson de Lannion, récoltée par M. de Penguern et on pourrait considérer comme l'équivalent féminin du dieu celtique Ogmios, dieu de la guerre qui arrivait par les grands chemins.

Aès, passeuse des âmes vers l'autre monde

La légende raconte que la princesse Aès fait passer ses amants d'une nuit de l'état d'humains à celui d'âmes : c'est son rôle "psychopompe", expression mythologique révélant la croyance en une divinité qui accompagne le défunt vers le pays de la mort et la croyance en

En une vie après la mort. Le conte de la sorcière de l'île du Loc'h (77) raconte que nous ne pouvons acquérir les trésors de l'infra-monde si ce n'est en épousant la déesse de la mort.

G. Le Scouezeg interprète le nom d'une statue de la Vierge dans l'église de Brennilis,Notre Dame de Breac-Ellis", comme venant de briacos, le marais en gaulois et helle, la sorciére en vieux français, soit le marais de la sorcière ; le nom d'Aïs peut être ajouté à Helle priant hell-ais, hellis, soit la sorcière Ais : le marais de la sorcière Ais ou Aès. Ce marais le Yeun Ellez où la tradition localise la porte de l'enfer froid celtique, une des entrées de  l’autre monde, l'univers des défunts

Aès serait alors l'équivalent féminin du dieu gaulois Sucellos, (78) dit le "bon frappeur", naître de la vie et de la mort. Muni d'une massue, il donne la mort par l'une de ses extrémités et ressuscite par l'autre, pour la vie éternelle dans "l'autre monde".

Aès, déesse celtique des eaux • Dans la légende de la ville d'/s, la princesse Aès ne semble pas souffrir de l'épisode tragique de sa noyade puisqu'elle réapparaît en sirène Mari-Morgane :

"Ahès breman Mari-Morgan, e skeud al loar, d'an noz a gan, Ahès maintenant Mari-Morgane, au reflet de la lune, dans la nuit chante. "(19) L'engloutissement de la ville semble être un événement inéluctable. D'après Marc Déceneux, la légende aurait été détournée par les interprétations moralisatrices des clercs qui ont transformé Aès en grande pécheresse évoquant le serpent biblique de la tentation.(80)

(77) cf. Brekilien Yann, op. 4. Contes en annexes.(78) cf. Déceneux Marc, op. 11.(79) cf. Hiroko Ameniya, op. 24.(80) cf. Déceneux M, op. cit. 11.

Mari-Morgane représente plutôt une divinité aquatique symbolisant la puissance et les excès de l'élément liquide. Aès "n'est engloutie que pour la forme, car elle reparaît aussitôt i en maîtresse des ondes". (81) Elle n'est donc plus coupable et elle appartient à la grande famille des divinités et des héros celtiques qui ont été créés pour expliquer les cataclysmes  naturels et les tragédies humaines, la guerre, la mort.

• Aès-Morgane

Aès représente l'infra monde, le monde des défunts, de même que sa descendai Morgane arthurienne qui règne sur la mythique île d'Avallon appartenant à l'Autre Monde

Nous retrouvons une certaine continuité entre le personnage du gouffre du Huelgoat, de la ville d'Is et celui de la Morgane du mythe arthurien. Ce dernier mythe s'est développé dans l'Europe médiévale : il a déjà intégré, au début de notre ère, des divinités et héros rieurs celtiques.

(81) cf Le Scouezec G, op. cit. 35.

Landeleau  promenade à travers le cadastre de 1838  kan an douar 2006  .Genevieve Fichou

 

L'origine du nom Aés

Le nom breton AER :de deux syllabes Aher,AZER,couleuvre et aussi en vieux breton l'anguille( siliou, anguilles):Aered,Azred,Aezret,Aezr-wiber,vipère serpent Nados-Aezr,petit serpent fort menu ,mot à mot,aiguille de serpent ou serpent aiguille ( la civelle),

Aezrouant est le nom breton ancien du diable du démon. Evel an Diaoul hag an Aezrouant dans un ancien manuscrit,c'est à dire comme le Diable et l'Azrouant,ou le serpent huant , sous-entendant celui qui tenta la première femme,qui est cependant réputé Diable

 

Dans le CODEX BEZAE, écrit  en latin  et en grec d'un manuscrit  dont  l'origine est la Gaule du  Vème ou VIème siècle. ;  il y a  cette  phrase :le tombeau du Christ est gardé par un daemon de gardien, SERPENT ROUGE KOPTE :traduit du grec  l' AERED KOPTE (ou copte) traduit du latin  prouve bien que AERED est le nom gallo-romain  du serpent.

AN AEZ-ROUANT    (Le nom en vieux breton du DEMON indo- européen  des profondeurs des eaux  aux oreilles et aux cornes de taureaux  et ayant un corps de serpent ..Le fait est que les  torrents et fleuves étaient sacrés aux yeux des indo- européens, leur tumulte étant souvent évoqué par l'image  du taureau  avec sa force brute et ses furieux  horribles, affreux meuglements .

Le Serpent  Huant. Arc'houere en breton moderne : il est  le Démon  et non le Diable du Moyen- Chrètien, dénigré en Diable par les missionnaires après le Concile de  Trente et les agnostiques , mais la grande divinité vénéré des cours d'eau des païens.Il est  un Demi-Dieu mortel  né de l' union d'un Dieu et d'une mortelle une nymphe  , l' intercesseur et l' interlocuteur des divinités avec les mortels.  En Gaule, déjà au V ième  avant JC était il , Achéloos. et Dusios? sous l'empire romain