AR ROC'H WAREG

Dans la tradition populaire ,les rochers situés sur le sommet des collines sont des  pierres de sacrifice qui ont été  surcreusées par l'homme de nombreuses cavités où reposait la tête , le torse,les membres du supplicié  où des rigoles ont  été destinés à évacuer le sang ?

Ar Roc'hWareg

À Berrien, à un kilomètre au nord du CAMP D'ARTHUS (le plus vaste oppidum gaulois du nord-ouest de la Gaule avec ses 32 hectares), nous avons, dominant le hameau de Kerampeulven, une énorme roche, véritable tortue de pierre sortant de terre, appelée AR ROH WAREG " la roche du salut " ; le déterminant wareg, forme mutée de gwareg, étant l'équivalent breton de l'adjectif gallois gwaredog " rédempteur, protecteur ", etc., avec amuïssement du d intervocalique. Cette roche se trouve au sommet même d'une belle colline : KENEH GWENN " colline blanche-sacrée " et, les deux ruisseaux voisins s'appellent GLAN/VEZ, un composé archaïque de glan " pur, saint " et de vez, forme mutée de gwez, variante de gwaz " ruisseau ", d'où Glanvez " ruisseau pur-sacré ".  Il ne nous appartient pas d'épiloguer sur les cultes, bornons-nous simplement à apprécier la densité des déterminants rappelant la pureté et le sacré.

La fontaine

 Sur la commune de Guerlesquin, sur les sources du  Squirou  affluent du Guic le long de la départemental D 42  Le faou- Plestin les gréves Gwareg apparaît encore dans FEUNTEUN GOAREC " la fontaine rédemptrice ", un hameau au centre d'une zone où nous avons deux tumulus, deux croix (Saint-Ener et Croas Christ), une chapelle (CHAPEL CHRIST) et un hameau (TACHEN CHRIST " le domaine du Christ "). L'insistance sur le nom du Rédempteur, dans une zone où se trouve une fontaine aux vertus rédemptrices, suppose une volonté de récupérer un culte plus ancien (lié à la fontaine) par le christianisme. Cette volonté semble patente dans le cas de deux autres FEUNTEUN WAREG, celle de Quéfforc'h (Scrignac, 29), juste au pied de la chapelle de Saint-Hernin, et celle de Locmaria-Berrien (29), tout à côté de l'ancien cimetière, autour de l'église, ce qui explique le nom actuel de FEUNTEUN AR VERED " la fontaine du cimetière ". Glan (du gaulois glano /glana) et gwenn (du gaulois vindolvindd) apparaissent sous diverses variantes modernes tant en France qu'en Grande-Bretagne ; signalons par exemple : GLANE, nom de divers cours d'eau en pays occitan ; GLYNCH BROOK, ruisseau du Gloucestershire ; VENDÉE, affluent de la Sevré Niortaise ou encore WIND/FORD (Somerset), qui, en 1169, était un WEND/ FROD " blanc ruisseau " équivalent exact du GUEN/FROUT de Plouvorn (29). Ces quelques toponymes nous rattachant à des cultes préchrétiens permettent aussi de juger de manière plus concrète l'importance du monde celtique à la fin de l'Antiquité.

(Jean-marie Ploneis )l'identité bretonne,la toponymie celtique éditions du Felin.

en Berrien,au nord du camp d' Artus sur le chemin-creux ,entre le menhir de kerampeulven et le village de Niquelvez . Ce rocher isolé au fond d'un champ  domine  à 251métres est appelé ar roc'h wareg "la roche du salut " le déterminant  wareg , forme mutée de gwareg ,étant l'équivalent breton de l' adjectif gallois gwaraedog "rédempteur,protecteur "La roche se trouve au sommet d'une belle colline :Keneh gwenn "colline blanche- sacrée" et les deux ruisseaux voisins s'appellent glan/vez( le ruisseau de la grotte d'Artus et l'autre ruisseau  où il prend le nom du village de kerbizien en se jetant dans le lac du Huelgoat) dans ce nom il y a un composé archaïque de glan " pur" saint"et de vez ,forme mutée de gwez ; variante de gwaz"ruisseau", d'où glanvez "ruisseau pur-sacrée".Autre signe du sacré de ces lieues  kerbizien (Kaer Budian au XI iéme siècles ) vient de bit (=nature ,monde ,éternité).Il existe dans ce secteur l'une de plus grande concentration de tumulus et de tombes de l'âge du fer (2000-1200 ans J.C ) en Europe.

(Jean-marie Ploneis )l'identité bretonne,la toponymie celtique éditions du Felin.

Gn 9,13. Je mettrai Mon arc dans les nuées, afin qu'il soit le signe de l'alliance que J'ai faite avec la terre.

Gn 9,14. Et lorsque J'aurai couvert le ciel de nuages, Mon arc paraîtra dans les nuées;

Gn 9,16. Mon arc sera dans les nuées, et en le voyant Je Me ressouviendrai de l'alliance éternelle qui a été faite entre Dieu et toutes les âmes vivantes qui animent toute chair qui est sur la terre.

Les bois de Botvarec

Les tumulus de l'âge du bronze des Monts d' Arrés (Jacques Briard, Michel Le Goffic ,Yvan Onnée 1994)

Le nom Nemeton  s'apparente à  Warek.

Il apparaît en vieil-irlandais sous la forme nemed, de sens identique.  « lieu sacré » ;  En Bretagne, des toponymies font foi de son existence : la forêt du Nevet et aussi Nevet Locronan est Lokronan-Koad-Nevet. Le gallois donne nyfed « sanctuaire », le breton neved « sanctuaire ,sacré ,tabou,saint », le cornique neves « bosquet sacré ». L'étymologie est sans doute à rechercher dans la racine nem « courbe », d'où « voûte du ciel » ; gallois nef « cieux », cornique nev «cieux», breton nenv »ciel «  et kanevedenn < kan-neved-enn « arc-en-ciel » ; irlandais moderne neamh « cieux ».Ce mot a été conservé dans toutes les langues néo­celtiques malgré la christianisation .Soi une clairière dans les bois. ref Les Celtes et la parole sacrée Yvan Guéhennoc Edition Label LN. 2006

Ar Warek est aussi un nom breton du sanctuaire celtique . Les celtisants depuis deux cents  affirment  qu'il y a un seul nom le Nematon . Ils n'ont jamais étudié la toponymie de nos Monts d'Arrée.

 

 

Ce rocher est creusé de cuvettes. Il est considéré par la tradition populaire comme une "pierre à sacrifice ,un omphalos" est-ce-ici que les vieillards étaient autrefois conduit dit-on, pour être assommés par  un maillet de bois  qui se disait ici à Berrien  et aussi à Trémargat.( 1 )

Le mell beniget ( maillet bénie est une pierre ou une hache de pierre polie .Il est un  symbole chrétien  de l' euthanasie encadrée  des anciens par les prêtres locaux  bretons par la grace de Dieu  le fait de le placer sur le front il en mourrait  je pense c'était un maillet de bois qui faisait l' office de cette mort divine..

(1) Un  de mes éleveurs de Trémargat du village de Lasquibou ( le château des cuves). Jacky  m' a raconté  que son père aujourd'hui décédé avait une peur bleue du rocher à bassins qui ,surplombe son village .Pour son père c'était un endroit maléfique .D'après lui, prés de cette pierre  il y avait un maillet en bois qui servait à assommer les vieux .Son père lui avait dit aussi que le temps était proche où tous les vieux plus bons à rien seraient "euthanasiés " de cette façon sur ce rocher .

 

Le nom de la commune   de  Gouarec provient selon les sources les plus répandues du mot « gwareg » qui signifie "arc", "arcade" ou encore "courbe" en langue bretonne, désignant ici l'arc décrit par la rivière du Blavet sur la commune. Une interprétation différente, moins citée, est proposée par Jean-Marie Ploneis qui perçoit dans "Gwareg" l'adjectif gallois "gwaredog". Ce terme signifie "rédempteur" ou "protecteur" et pourrait être une allusion au château disparu des Rohan.

WAREK : le déterminant wareg, forme mutée de gwareg, étant l'équivalent breton de l'adjectif gallois gwaredog " rédempteur, protecteur . Ce nom on le retrouve dans plusieurs noms de lieux emblématiques sur l' ancienne paroisse de Berrien le grand sanctuaire de la cervitas des Osismes .

  Le nom breton du chevalier est MARREK  


La fontaine de la Vierge


Le culte de Sainte Barbe .ses attributs ne sont ce qu'on croit.???

Chronique pagano-chrétienne : Sainte Barbe

Sainte Barbe ,La jeune vierge, martyre et décapitée a tous les attributs d'une légende celtique? Cette légende dorée chrétienne  est un condensé de mythes polythéismes des sacrifices humains aux dieux des premiers grecs et des celtes sur les lieux élevés.

 Le mystère  du martyr de Sainte Barbe  Ar Meneg eus santez Barba. écrit en breton par des missionnaires en terre païenne en 1557 est à l' origine  de la popularité de cette sainte adolescente de 16 ans, (Les classes populaires pour la plupart, n’étaient encore que très superficiellement christianisées à cette époque de la Renaissance. )  elle a permis de  détrôner et reléguer aux oubliettes celle de la légende dorée similaire du martyr de la sainte Victoire qui était une sauroctone ,une Vierge au glaive, une femme émancipée du pouvoir des hommes,  elle était la grande prêtresse païenne dont la vénération était antérieure de plus mille ans au Huelgoat et à Berrien.

La sainte patronne de la paroisse de Berrien) est  aujourd'hui officiellement sainte Barbe (Barbara),une adolescente, sainte martyre .Il est à noter que le recueil de la « Légende Dorée » de Jacques de Voragine (13ème siècle) ne mentionne pas l’histoire de Sainte Barbe Le culte de Sainte Barbe s’est dopé surtout après le concile de  Trente,, sa légende prenant corps et s’enrichissant de diverses références symboliques à connotations païennes.

La sainte Barbe (Barbara) est fêtée le 4 Décembre  L' étymologie du prénom Barbara vient  de Barbare ( un étranger au monde gréco-romain).Celui ci a le même sens que "païen "pour les premiers chrétiens , des paysans ou ceux qui sont étrangers à l' Église officielle  de l'empire romain depuis que l'empereur Constantin  et ses successeurs ont imposé le monothéisme par la force , le sang , la destruction des temples et des idoles . Cette sainte n'a jamais excitée, ce que dit même  l' église du concile de Rome .

La légende dorée raconte qu'elle était la fille d'un obscure satrape(du grec σατράπης satrápês, lui-même adapté de l'iranien xšaθrapā, du vieux perse xšaθrapāvan, signifiant « protecteur du pouvoir [royaume] ») est le gouverneur d'une satrapie, c'est-à-dire une division administrative de l'Empire perse) d' Asie mineur du nom de Dioscure ((Διόσκουροι / Dióskouroi, c'est-à-dire « fils de Zeus).Dioscure serait-il un barbare  le commandant de la tétrarchie galate du  Peuple celte  d'Asie mineur qui avait une réputation de cruauté et dont le pouvoir politique est partagé entre un chef, un juge (dikastès  ) et un commandant (stratophylax ), celui-ci ayant deux officiers sous ses ordres (hypostratophylax, )  

Sa fille, Barbe (en français) ,Barba en breton ou Barbara (en d'autres langues) était très belle, et pour mettre cette beauté à l'abri, il l'enferma dans une tour (selon un procédé que l'on retrouve dans la mythologie grecque, avec Danaé la mère de Persée )La vierge fécondée par Zeus par une pluie d'or. Elle fut plusieurs fois demandée en mariage, et elle refusa à chaque fois. Son père ordonna de lui aménager une piscine. Puis il partit en voyage. Barbe était Chrétienne dans son cour, elle y reçut le saint Baptême. Sa tour était aménagée de 2 fenêtres, elle exigea qu'on en ouvrit une troisième, pour que s'y retrouve le symbole de la sainte-Trinité, Qu'elle voulait honorer. (version A : pour la soustraire aux regards des hommes, version B : pour la protéger du prosélytisme chrétien). Bien sûr, elle réussit à s'enfuir. Une grotte se serait alors miraculeusement ouverte devant elle.(c'est pourquoi elle est la sainte patronne des mineurs) Trahie par un pâtre, c'est  en fait le dieu  Pan protecteur des bergers et des troupeaux trop populaire pour le christianisme que cette légende devait le "diaboliser " Sainte Barbe fut finalement capturée. Elle fut présentée au  juge qui résolut donc de tenter un supplice plus horrible que tous les autres pour la pudeur de la vierge. Elle subit des supplices sadiens : attachée à un chevalet, on la fouette de verges et on lui déchire la peau avec des peignes de fer (sainte Patronne des fabricants de peigne). On l'allonge sur des tessons de poteries et on la brûle avec des lames rougies au feu. . On la promène nue, mais là, un ange, que ça commence à énerver, couvre magiquement son corps d'un voile. Son père la traîne finalement au sommet d'une montagne et la décapite (Il  sacrifie donc sa propre fille à Artémis , la Déesse  vierge .) . Le châtiment céleste du dieu unique chrétien ne tarde pas à s'abattre. Aussitôt après, Il est frappé par la foudre , fut brûlé et consumé sans laisser de cendres. Il ne resta rien de lui.

.Sainte Barbe est généralement représentée avec un ou plusieurs des attributs suivants : une tour à trois fenêtres, un éclair, un livre,  (le Mystère de Sainte Barbe ,le best-seller populaire en breton  date de 1557 que l'on racontait encore  aux veillées d'hiver avant la Première Guerre Mondiale. ) une couronne de martyre, une palme.

Danaé  la mère de Persée et la pluie d'or fécondante, cratère béotien, vers 425-420 av. J.-C musée du Louvre


On oublie, c'est qu'elle tient sous sa sauvegarde  les jeunes filles à marier et les femmes enceintes.

  La version bretonne

Le mystère  du martyr de Sainte Barbe  Ar Meneg eus santez Barba. écrit en 1557.

Barbe est née en Turquie en 235 Son père Dioscore était un homme païen, cruel et possédant tous les vices d'un barbare. Barbe était une belle adolescente, passionnée très tôt par ses lectures chrétiennes. Son père, ne parvenant pas à l'éloigner de ses livres: la fit enfermer dans une tour inaccessible (elle ne comportait qu'une porte et deux fenêtres seulement), la soustrayant ainsi aux regards des prétendants au mariage, protégeant par la même occasion sa fortune personnelle. Profitant d une absence de son père: elle fit percer une troisième fenêtre pour symboliser son culte pour la Trinité. La légende raconte qu'elle dessinait aussi sur les murs des croix, représentations de ses croyances. Son père furieux lui demanda d'abjurer sa foi : Barbe refusa et réussît à s'enfuir.. .Rattrapée, traînée de force par les cheveux attachés à la queue d'un cheval, elle fut emprisonnée dans sa tour : on l'y traita comme une esclave. Mais rien n'y fit et Barbe persistait dans sa foi. En désespoir de cause, son père la présenta au tribunal de Marcien alors gouverneur de la province; chargé d'appliquer les édits promulgués contre les chrétiens. Elle fut flagellée puis emmenée en prison alors qu'elle n'avait que 16 ans Miraculeusement le Seigneur  lui apparut cette nuit-là dans sa lumière éblouissante : il la guérit aussitôt de ses plaies lui demandant de persévérer dans sa foi. Le lendemain, devant le tribunal. Barbe affirma que ce miracle n'était pas dû aux idoles païennes, mais à Dieu Le juge tenta à nouveau de la ramener à la raison, mais en vain. Il décida donc de la faire martyriser... Elle fut présentée nue dans les rues de la ville; flagellée à coup de verges et de fouet à lanières ; elle eut les seins coupés par des pinces rougies au feu, mais eue ne ressentit aucune souffrance. Son horrible père, fou de rage, exécuta lui-même la sentence prononcée par le tribunal décapita sa fille au sommet d’une colline

http://kergranit.free.fr/Textes/Lannelec.htm

Qui est  Marcien un empereur byzantin  qui avait commencé sa  carrière comme simple soldat  et qui  est en fait mort en  457, soi 100 ans après le soi disant martyr de Barbe .Les auteurs de ce mystère ont imaginé dans le  rôle de gouverneur romain un Ponce Pilate de la Passion du Christ et dans le rôle du juif  Judas responsable de la mort de Jésus  Dioscore le païen l ' instigateur du calvaire de sa fille .

 

De ce fait ,la statue de sainte Barbe est placée en face de Notre-Dame comme dans celle de la chapelle de Notre Dame des Cieux. Les femmes sur le point d'accoucher s'agenouillent devant l'une ,et mères, n'ont qu'à passer à l'autre.  Sainte Barbe a les mêmes attributs de la Diane romaine , la vierge mais qui a le pouvoir d'aider les femmes en couches.

.Pourquoi des peignes?   en breton , ( Kribell : crête, huppe;- Kribell : cime, sommet;- Krib : peigne). Ici nous sommes sur un sommet ;le peigne de fer de sainte Barbe   est un symbole, c'est ce rocher sur la crête qui est l'instrument de sacrifice ; (le roc'h wareg).Bizarre?

Un de ses attributs est le ciboire surmonté d'une hostie car sainte Barbe assure une mort douce à ceux qu'elle protège Le culte de sainte Barbe est apparu en Orient, son culte ne se répand en Occident qu'à partir du XVe siècle, et surtout en Allemagne catholique et en Bretagne.

Sainte Barbe,  n'est elle pas une de ces vierges sacrifiées à Sucellos sur ce rocher?

 Saint Laurent est dans la tradition populaire  a les mêmes attributs de Sainte Barbe. Il est  un jeune homme sacrifié  sur le sommet d'un oppidun dédié à Lug.-Apollon

Le quartier  qui  est en face de l'oppidun du camp d' Artus  de Huelgoat s'appelle rue Saint Laurent.

La chapelle de sainte Barbe de Berrien aujourd'hui en ruineLa chapelle de sainte Barbe.

A l 'origine  c'était une chapelle seigneuriale qui a été déplacée prés du bourg de Berrien  vers 1890 .Elle était située sur l'ancienne voie royale Carhaix- Morlaix  à la lisière de la foret de Saint Amboise .

Les églises et les chapelles bretonnes  dédiés à Barbe et Saint Laurent sont construites prés des sanctuaires païens  où  la tradition populaire pensait que prés de ces lieux  des sacrifices  humains avaient  été célébrés.

La protection de la foudre ,les pompiers ,les mineurs et les fabricants de peignes faussent la symbolique catholique de cette sainte ?

 

Les saints bretons d'après la tradition populaire en Cornouaille (1893-1894)  Anatole Le Bras Sainte Barbe.

Me voici sur la route de Brasparz. Un terroir couvert de bois et qui ondule, en montant toujours, jusqu'à la ligne bleue des cimes lointaines,Je tourne à droite dans un chemin creux. La chapelle de Notre-Dame de Lannellec est au bout sur une éminence plantée de cerisiers séculaires. La porte méridionale, datée de 1456, présente deux panneaux sculptés formant une scène unique : un prêtre en chape est agenouillé sur un prie. Dieu devant la Vierge et l'enfant Jésus. Au-dessous on lit : Mater Dei, ora pro me; et plus bas : faict p. Favenec. A l'intérieur, le maître-autel supporte un petit retable en bois très finement ouvragé. Dans l'un des panneaux, le Christ, entouré d'un cortège d'anges, vient annoncer à sa mère que l'heure de la mort a sonné pour elle. Le panneau suivant retrace l'ensevelissement de la Vierge ; les apôtres se tiennent autour du tombeau, Un troisième représente l'Assomption. Des deux côtés du maître-autel sont de hautes niches à volets. Celle de gauche contient une statue de Notre-Dame en costume du xvn siècle. Elle porte l'enfant Jésus sur un de ses bras, tandis que de l'autre main elle presse le bout de son sein met en fait jaillir une goutte de lait. Les traits de la physionomie rappellent de tout point ceux des femmes de Rubens. C'est la même apparence de santé exubérante. Toute cette région est décidément le pays des « vierges au lait » ; ce n'est pas sans raison que la race y est joviale et robuste.  la seconde niche est plus curieuse ; on y voit une sainte Barbe avec sa ton' et sa palme; le manteau de la sainte porte la date de 1578. Cette statut  est donc contemporaine du mystère que M. Ernault a réédité, lequel si je ne me trompe, de 1557. Le culte de sainte Barbe est un des plus populaires qu'il y ait en Bretagne, et sa légende, ou, pour parler comme le mystère, « sa douce, sa tiède histoire » s'y raconte encore aux veillées d'hiver. Les volets de Lannellec en retracent les principaux épisodes. Voici Jésus-Christ apparaissant à la sainte : il la vient sans doute consoler des rigueurs que son père lui fait subir, il lui dit comme dans le mystère « Partout où tu iras, tu me trouveras à ton côté. Tu seras expressément ma chère aimée, et je ne te laisserai point dans la peine. » On assiste ensuite à un colloque de la sainte avec son père, le roi Dioscore, un homme malicieux, plein de félonie, de violence et d'erreur ». Il la menace de la livrer aux bourreaux, si elle n'abjure. La sainte demeure inébranlable dans sa foi, et sa passion commence. Deux soldats lui arrachent les telles « sans plus de façon qu'à une truie ». Plus loin, Dioscore la mit, l'épée levée ; plus loin encore il la foule aux pieds de son cheval, que des bourreaux la traînent par les cheveux. Enfin elle a la tête tranchée. Toutes ces scènes sont d'un réalisme naïf, mais très vivant. On  dit que sainte Barbe protège ses dévots contre la mort subite et contre la foudre. Ce qu'on oublie parfois, c'est qu'elle tient aussi sous sa sauvegarde les femmes enceintes. « Elles me sont plus particulièrement chères, dit-elle à Dieu en mourant ; faites-en des mères joyeuses ! Que leurs enfants viennent à bien, pour recevoir la grâce du baptême ! » Ainsi s' explique qu'on ait placé sa statue, dans l'église de Lannellec, en face je celle de Notre-Dame. Les femmes sur le point d'accoucher s'agenouillent devant l'une, et devenues mères, n'ont qu'à passer à l'autre.