Les sabliéres de la Chapelle Notre-Dame des Cieux

 

L'homme sauvage fait le grand écart et tient ses jambes ouvertes avec ses mains

C'est  le géant mythologique ,l' homme sauvage , Merlin  des légendes du pays des pierres et ses rivières souterraines du Huelgoat .Il est protégé dans son antre par deux serpents celtiques des Vouivre, Il n'a pas voulu de l'eau du baptême, prodiguée par les Saints  venant en Bretagne et ce fait il fut  frapper jusqu'à la fin des siècles de la malédiction de Dieu! De mon coté religieux païen, je le préfère à toutes les statues sponsorisées chrétiennes de la Vallée des saints de Quenequillec.


Les sablières et les blochets

 

Selon la tradition, la chapelle No!re-Dame-des-Cieux à Huelgoat fut fondée en exécution du vœu émis en 1494 au cours d'une bataille par un seigneur de Lisombrée. Ce dernier possédait le domaine de Keraznou, partagé entre Loqueffret et Brennilis dont dépendait alors Notre-Dame des Cieux.

De son côté, Louis Le Guennec rapporte que les fondateurs en étalent les Quélen du même domaine de Keraznou, qui lut, selon un aveu de 1653, possédé par les du Rusquec. On sait que lors des héritages ou des ventes de seigneuries, les repreneurs s'adjugeaient le titre de fondateurs sans être à proprement parler de la famille de ceux qui avalent construit l’édifice comme le mot le laisserait à penser.

L'examen des écus portés par les sablières et les brochets attestent la présence d'une troisième famille, les Goazvennou.

A Notre-Dame des Cieux, las sablières qui courent en haut des murs et les blochets saillants qui les ponctuent, se divisent en trois groupes partagés entre style médiéval et style renaissance.

1. Les sablières du chœur et de la nef

Le premier groupe placé haut dans le chœur et dans la nef attire en fait moins les regards que les deux autres situés dans les bas côtés à un niveau plus bas.

Les sablères du chœur et du bas de la nef sont un ensemble homogène relevant de la première campagne de travaux.

Elles se distinguent par une structure à petits ressauts polygonaux destinés  à recevoir les couvre-Joints du lambris de plafond . Leur ornementation  relativement sobre est constituée de masques séparés par des zones unies, plusieurs demeurant d'ailleurs peu lisibles.

Aux angles du chevet, ces ressauts sont marqués par des consoles superposées ornées de masques. Autant d'éléments hérités de la manière des charpentiers médiévaux.

On remarquera de plus que seule la poutre voisine du chœur a ses extrémités sculptées d'engoulants, ces gueules de dragons, typiques, mais non exclusives, des églises bretonnes. Les quatre autres sont unies certaines se terminent par un simple renfort.

Cette observation laisse supposer que la charpente des trois travées entre le chœur et le bas de le nef ainsi dotées de sablières et de poutres lisses ont été l'objet d'une restauration faite à moindre frais à une époque Indéterminée.

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2. Les sablières du bas-côté sud sculptées par H(ervé) Léon

Le charpentier qui a sculpté les sablières de la longère sud, conscient de son talent a signé son œuvre sur un blochet à gauche de la porte sud de la chapelle. Rompant avec  la tradition médiévale il signe en lettres italiques :1580. H LEON A FAICT.

D'habitude c'est eux fabriciens el aux recteurs, «ceux qui ont lait faire» de graver leurs noms pour affirmer leur qualité de commanditaires, ici, rien de cela, seul s'affiche le nom de l'ouvrier.

'De tait, Hervé (?) Léon est un vrai artiste. Il traite avec bonheur le figure humaine de face ou de profil. Il allonge  de gracieux «Ignudl» gainés de feuillages. Il enchaîne les rinceaux feuillus avec l'aisance confirmée de l'homme de métier.

Pour l'instant. Hervé Léon n'est connu que par ce travail. Le Dictionnaire des Artistes, publié per la Société archéologique du Finistère en 1887, fait bien état de plusieurs •Léon» charpentiers prénommés Jacques, Jean, Louis ou Yves, actifs au XVII et surtout au XVIIIe siècle, bien des années, donc, après notre Hervé qui pourrait néanmoins être de leurs ascendants, en un temps où les métiers particuliers perduraient dans certaines familles.

D'un autre point de vue, la date de 1560 montre que cent ans après la fondation de la chapelle il a fallu effectuer de gros travaux de charpenterie.

Parmi les blochets du bas-côté sud dont certains sont trop vermoulus pour être lisibles, Il y a un moine, un personnage portant un écu au lion, écu qui a son pendant sur un blochet côté nord, dessiné la pointe en haut, autant dire A l’envers .

3. Les sablières et les blochets du bas-côté nord

Par rapport au sud, les sablières du bas-côté nord, mise à part une pièce au bout à droite, sont frustes.

En revanche, l'inspiration y est plus variée. Aux feuillages et aux masques dont l'un, au voisinage de la porte nord, ne manque pas de forces se mêlent des scènes de la vie courante.

On y voit courir un sanglier, tomber un homme terrassé par une bête, jouer un cornemuseux... Ces sablières ne sont ni signées, ni datées. Néanmoins accompli vers 1580, ce pourrait être l'ouvrage d'un valet d'Hervé Léon au talent intérieur A celui de son maître mais plus libre dans le choix de ses sujets, comme en témoignent les blochets. Une femme tient une banderole  lisse, sans doute Jadis peinte d'une inscription . Un buveur serre entre les bras son tonnelet de vin. Un moine croise les mains. Un ange porte un écu au lion.

Les  armoiries des blochets et des vitraux

Les deux écus au lion, signalés plus haut, seraient aux armes du sieur de Goazvennou, un lieu-dit en Plounévézel, qui avant de se fondre dans Lesquelen blasonnaient au «lion de sable et de gueules».

Le blason du blochet à l'angle sud-est est burelé  d'argent et de gueules de dix pièces» appartient à la famille Quélen du Vieux-Chastel, armories répandues dans les verrières abondamment décrites par Louis Le Guennec dont il reste les vestiges. Les restaurateurs y ont replacé les armoiries des Quélen avec leurs alliances : Ouélen-Coetmen, Quélen-Kergolay, Quélen-Quimerc'h, Quélen-Quintin, Quélen-Roslrenen.

Notre curiosité s'est bornée aux blochets et aux sablières de Notre-Dame-des-Cieux. Il faudrait s'attarder à l'architecture avec ses marques de tailleurs de pierre, aux retables, à la statuaire et aux bas-reliefs qui font de la chapelle qui domine Huelgoat un sanctuaire attachant..

Et pour qui désire une énigme on lui proposera au-dessus du porche occidental .l’inscription gravée dans une pierre retournée, cinq ou six lettres en caractères romains qui défient  à notre avis le décryptage.

Yves-Pascal Castel

 Le Progrès –Courrier –samedi 27 juillet 1996


Un homme terrassé par une bête,

Ce ne peut être un sanglier ou un cochon qui ont des pieds élevés, ce qui fait qu'ils marchent sur la pointe des pieds. Contrairement aux chevaux et aux ruminants qui ont des sabots fendus et divisés.  C'est un satyre!

Il rencontra ensuite un animal qui portait des dattes, et qui, par le haut du corps ressemblait à un homme, avec le ventre et les pieds d’une chèvre. Antoine lui demanda qui il était : il répondit qu’il était un satyre, c’est-à-dire une de ces créatures que les païens prenaient pour des dieux des bois.


 Le bas coté nord

 

 

Le bas coté sud

les blochets des sablières

Blochet représentant l'hommme au tonnelet

Le moine aux mains croisées sur la poitrine

 

Le charpentier qui a sculpté les sablières de la longère sud, conscient de son talent a signé son œuvre sur un blochet à gauche de la porte sud de la chapelle. Rompant avec  la tradition médiévale il signe en lettres italiques :1580. H LEON A FAICT.

D'habitude c'est eux fabriciens el aux recteurs, «ceux qui ont lait faire» de graver leurs noms pour affirmer leur qualité de commanditaires, ici, rien de cela, seul s'affiche le nom de l'ouvrier.

Armoirie des Quélen

Armoirie des Quélen

Armoirie des Goazvennou