Le jubé (XVI ème siècle) et la poutre de gloire au pélikan

La clôture séparant le choeur du reste de l'église. L'espace intérieur étant réservé aux religieux. L'extérieur était le domaine des fidèles. De chaque côté de l'entrée du chancel se trouvent une table de pierre, tables sur lesquelles étaient jadis déposées les offrandes des fidèles.

  L'intérieur du chancel fut remanié au XIX ème siècle  c'était  à l' origine une fosse, pour y accéder il fallait descende par un escalier  plus d'un mètre plus bas .Le tombeau  du saint n' excitait pas c'était une pierre tombale à raz le sol.

Le jubé  se compose de trois éléments : la tribune (le jubé proprement dit), la clôture (dite « chancel ») et le groupe sculpté de la poutre de gloire.

La poutre de gloire ou tref (trabes doxalis),

La poutre de gloire est à l'origine du jubé

Les ossements répandus au sol rappellent qu'il s'agit du Golgotha. Le Christ est entouré de Marie et de Jean. Marie-Madeleine étreint le bois de la croix. Deux anges recueillent le sang dans des calices. Le bon larron regarde le Christ. Le mauvais larron s'en détourne. Le pélican symbolise symbolise le sacrifice du Christ, qui verse son sang pour le salut du genre humain.

  Lors des derniers travaux la poutre de gloire a été démontée et elle a été rénovée mais elle ne peut pas être remise car de grands nouveaux travaux s'annoncent sur le jubé. Le remblayage de la fosse au dessous de l'autel et le dallage d' ardoise lors de la rénovation u chancel  au XIX siècles  ont favorisé la pourriture avancée  du bas du jubé

http://www.cosmovisions.com/monuAutel.htm

Les autels druidiques comme celui de  Saint  Herbot étaient des pierres massives, sans inscriptions ni bas-reliefs, sur lesquelles on offrait des sacrifices humains au fond des forêts, au bord des torrents, à l'entrée des cavernes , Après J. César, les Gaulois adoptèrent les autels romains. L'autel chrétien fut, dans le principe, la tombe des martyrs, sur laquelle les premiers évêques consacraient le pain mystique, au fond des catacombes : de là ses noms divers, memoria, martyrium, testimonium, titulus. Depuis ce temps, les autels ont conservé la forme d'un sarcophage; comme ils étaient creux, on leur appliqua souvent le nom d'arca (coffre). La table qui les recouvre rappelle le banquet divin auquel les fidèles sont conviés. L'autel est donc à la fois table et tombeau. Au milieu de la table de l'autel, à l'endroit où le prêtre offre le saint sacrifice, est une pierre bénite, carrée, marquée de cinq croix, aux coins et au milieu, et sous laquelle on place ordinairement quelques reliques de saints; c'est la pierre de consécration, sans laquelle on ne pourrait user des autels. . Les autels furent souvent élevés au-dessus d'une fosse, dite concession, où étaient renfermés les corps de quelques martyrs :

http://ns2014576.ovh.net/files/original/9e9d265d564a5550ccc08008489dc554.pdf

http://archeologie.yvelines.fr/spip.php?article136

https://fr.wikipedia.org/wiki/Taurobole

https://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/la_religion_gauloise.asp

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/libris/3303331281054/3303331281054_EX.pdf

https://cem.revues.org/11933?lang=en

 

Le pilikan en Europe occidentale,était au Moyen Âge un symbole de piété pour l'Église chrétienne : sur la foi d'un bestiaire de l'Antiquité tardive, le Physiologus, et des écrits postérieurs d'Isidore de Séville, on croyait qu'il perçait sa propre chair et nourrissait ses petits de son sang. Une autre version évoque un pélican qui aurait tué ses petits, puis, au bout de trois jours, se serait percé la poitrine de son bec, et les aurait ainsi ramenés à la vie. Ces erreurs proviennent probablement d'observations superficielles, transmises par l'Antiquité. Il n'en reste pas moins que, dans l'iconographie et la symbolique chrétienne occidentale, le pélican symbolise le sacrifice du Christ, qui verse son sang pour le salut du genre humain, et la charité.

 

   Les deux petites statues sur les chapiteaux ainsi que celle de Saint Sebastien ont été volés dans les années 1960.

 

Le vitrail  de 12 scènes de la Passion du Christ la poutre de gloire n'y figure pas!

                                    LES AMOURS JAUNES par TRISTAN CORBIÈRE CRIS D'AVEUGLE.

Saint Corentin

Le vitrail du martyr de saint Laurent

Les vitreaux

La pieta

Un bas-relief du chancel de la chapelle de Saint Herbot :Une femme ouvrant la gueule d'un Démon.

Familles de Saint Herbot

Partant de Poullaouen, que j'avais choisi comme centre de mes explorations, je suis allé visiter l'église de Saint-Herbot, célèbre dans le pays par son Pardon, qui , tous les ans , y attire une foule considérable de dévots et de curieux. L'église paraît avoir été réparée à plusieurs reprises , ou du moins sa construction a duré fort longtemps. Sa forme est celle d'un parallélogramme rectangle ; elle n'a pas d'apside. A l'intérieur , des piliers cylindriques ou carrés divisent la nef, les uns et les autres flanqués de colonnes engagées. A leur épaisseur , surtout au style de leurs chapiteaux , je serais tenté de les croire du treizième siècle; on m'assure que l'église ne date que de la fîn du quatorzième. En Bretagne , il est vrai , le style gothique primitif s'est altéré plus lentement qu'ailleurs , et pour ne citer qu'un détail remarquable, le chapiteau s'est conservé dans cette province jusqu'au seizième siècle, tandis qu'au quinzième il disparaissait de presque tous les édifices de la France centrale.

 Dans le portail méridional de Saint- Herbot et sous le porche qui le précède, j'observe des chapiteaux ornés de feuillages élégants que j'aurais certainement crus du seizième siècle , s'ils n'étaient accompagnés de détails bien caractéristiques du quinzième. Au-dessus de la nef, à l'ouest , s'élève une tour carrée, percée de fenêtres en ogive, entourées de gros tores. On l'aperçoit de fort loin, et l'effet en est délicieux. Elle m'a paru remonter à la construction primitive, à l'exception d'un couronnement de style flamboyant qu'on y a maladroitement ajouté. Le portail occidental , sur lequel on lit la date de 1516, est un placage assez riche; on y remarque l'ogive à contrecourbe, les feuillages gras et frisés (mauves et choux), accompagnés de moulures prismatiques et très saillantes. Une galerie flamboyante surmonte ce portail.

J'ai déjà dit un mot du portail méridional , beaucoup plus important ; ses jolies voussures parfaitement refouillées renferment des figurines ou des rinceaux, un peu maniérés, il est vrai, comme toute ornementation flamboyante. Contre les parois du porche sont rangées les statues des douze apôtres , peintes et dorées ; elles sont médiocres , et leurs draperies à plis cassés et raides manquent de grâce et de vérité. A tout prendre , cependant , l'effet général de ce porche est des plus satisfaisants, et mainte église de grande ville s'en trouverait honorée. Mais le chœur de Saint-Herbot le fait bientôt oublier. C'est une merveille d'élégance et de bon goût que son chancel ou jubé en bois , travaillé dans le style de la Renaissance. Quoique cette délicieuse boiserie ait  beaucoup souffert , elle offre encore plusieurs parties intactes ,où l’on peut étudier un système d’ ornementation riche et gracieux  , frappant dans son ensemble , et qu'on aime ensuite à détailler à loisir. Il serait à désirer qu'on prît plus de soin de ce jubé, qu'on le fit nettoyer et passer à l'huile. Je vous prierai de vouloir bien en recommander la conservation à M. le préfet du Finistère.

Les vitraux , je devrais dire les deux seules verrières qui subsistent encore, sont assez remarquables par le dessin et la richesse des couleurs. Ils portent la date de 1556. Devant l'église, j'ai lu avec quelque étonnement une date de la fin du même siècle , au pied d'une croix de granit , ornée de statuettes, bas-reliefs, etc. , qu'à leur style tout gothique j'aurais certainement crus beaucoup plus anciens.

Adossée au portail méridional , on remarque une petite construction bien lourde, dont les chapiteaux ioniques et la forme prétentieuse annoncent un ouvrage contemporain de Louis XIV. C'est le reliquaire de l'église. Je dois expliquer ce que c'est qu'un reliquaire en Bretagne et quelle est sa destination. Une pratique fort étrange règne dans cette province. Les parents d'un mort le font exhumer au bout de quelques années , lorsqu'ils croient que la terre a absorbé ses chairs décomposées. Les os recueillis sont alors rejetés dans un petit bâtiment construit ad hoc auprès de l'église; c'est le reli pour la mettre dans une boîte , et la placer dans un lieu apparent de l'église, avec cette inscription : « Ci-git le chef de N. » Il est impossible d'imaginer rien de plus repoussant que ce monceau d'ossements blanchis, jetés pêle-mêle au milieu des orties qui poussent toujours en abondance dans les reliquaires. Bien souvent un zèle empressé n'attend pas l'entier dépouillement du squelette , et des lambeaux de chairs puantes attirent les chiens que personne ne prend soin de chasser. D'ailleurs ces ossuaires n'inspirent aux paysans ni dégoût ni respect. J'en ai vu plusieurs s'y abriter de la pluie, d'autres y manger; ' quelques-uns attendaient que j'eusse passé pour y faire l'amour avec leurs maitresses. Je ne sais à quelle époque remonte ce détestable usage ; mais je n'ai pas vu un seul reliquaire de construction ancienne, un seul, par exemple, qu'on pût rapporter à la période gothique. Dans les villes un peu considérables , ces charniers sont des dépendances des cimetières , et n'offensent pas la vue des passants et des dévots comme dans les villages ; mais il y a peu d'églises où l'on ne trouve des chefs '

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A un quart de lieue de Saint-Herbot , M. Junker me fit remarquer un groupe de pierres dont l'origine est inconnue. Il se trouve dans une lande , sur le penchant de l'une des collines dont l'ensemble se nomme la montagne Noire. C'est une espèce de dolmen composé de tables de schiste noir assez minces, les unes plantées verticalement, les autres  horizontales posées au-dessus. On voit peu de ces dernières qui aient plus de cinq ou six pieds de long ; les piliers ne s'élèvent pas à plus de deux ou trois pieds; enfin, par sa forme et par son étendue , ce monument se rapproche beaucoup des kystvens des environs de Saint-Brieuc. Il a environ trente-cinq pieds de long sur quatre à cinq de large ; mais on s'aperçoit qu'un assez grand nombre de pierres ont été enlevées. L'extrémité O.-N.-O. est fermée par une pierre faisant angle droit avec les autres ; on ne peut aujourd'hui savoir si l'extrémité opposée était ou verte comme l'est d'ordinaire la partie orientale d'un dolmen. Ce groupe de pierres s'appelle dans le pays le Tombeau du Géant, et l'on conte que celui qu'on y enterra était si grand qu'il fallut le plier sept fois sur lui-même pour qu'il tînt dans cette enceinte '. Je suis porté à croire que c'est un véritable dolmen, bien que la nature des matériaux le distingue notablement de tous ceux que j'aie vus ou dont je connaisse la description.

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 Comparés aux énormes blocs de la Bretagne et de l'Anjou , ces dalles de schiste paraissent méprisables. Malgré mon scepticisme en fait de monuments celtiques, je me fis une hypothèse pour expliquer la construction exceptionnelle de celui-ci. Ce dolmen , me dis-je , date d'une époque où la religion des druides était persécutée ; ces sectateurs ne pouvaient célébrer qu'en secret leurs mystères, et par conséquent pour élever des dol mens ils choisissaient des matériaux d'un transport facile.... Mais cela , je le sens, ne vaut pas la peine d'être discuté.

1 C'est-à-dire le jour de sa fête , qui , ainsi que celle de tous les saints bretons , se célèbre par une cérémonie religieuse , suivie de danses et terminée par une orgie. Saint Herbot guérit ou préserve les animaux de tout mal. Pour se le rendre favorable, on dépose sur son autel , le jour de son pardon , une poignée du poil de l'animal auquel on s'intéresse. L'année dernière , ces poignées réunies se sont vendues 1,800 fr

1 J'ai vu sur les bords du Rhin des ossuaires fort anciens attenant aux églises, quelquefois établis dans des caveaux voisins de la crypte. Aji reste , en Alsace et dans les provinces Rhénanes , cette coutume se perd rapidement.

1 Ce nom de tombeau du géant doit être noté, parce qu'en général le peuple ne considère par les dolmens comme des monuments funèbres. Celui-ci est le seul auquel j'aie entendu attribuer une semblable destination