Sérusier Au Hüelgoat

La mélancolie vers 1891ou Eve bretonne  musée d'Orsay Paris    la place d'huelgoat  l' averse (1892)   Solitude ou paysage d'Huelgoat(1892)  druidesses  

 

4 avril 1891. Sérusier accompagne à la gare de Lyon son ami Gauguin qui part pour Tahiti. En juin de la même année, Sérusier est à Huelgoat. Il a toujours recherché dans le catholicisme, la littérature classique et les religions extrême-orientales l'explication de la place de l'homme dans l'Univers Cosmique. Après plusieurs voyages en Bretagne, il est convaincu que c'est là qu'il trouvera l'atmosphère spirituelle dont il a besoin. Le roi Arthur et Gargantua auraient habité ces lieux. Sérusier est séduit par l'endroit et ses légendes. La combinaison de l'art du portrait de la Renaissance Italienne, des principes du dessin japonais et des sujets bretons caractérise

les meilleurs tableaux qu'il réalise à Huelgoat. Il se détache de l'influence de Gauguin et trouve son style propre,

des harmonies plus simples et des teintes sombres. «Les Saintes Mesures» A l'automne 1893, il découvre Châteauneuf-du-Faou qui s'étend le long de l'Aulne. Il aime le calme paisible de cette ville de 3.000 âmes qui n'est pas un site touristique. Il y passe les trois quarts de l'année. Sinon il va à Paris où ses œuvres ne connaissent pas le succès. En 1896, il reçoit une lettre de son ami Verkade qui est devenu moine dans l'abbaye bénédictine de Beuron (Allemagne) et qui peint sousla direction du Père Desiderius Lenz. Ce dernier a étudié l'art des «primitifs», c'est à dire des Egyptiens et des Grecs. Il a établi une série de formules mathématiques nommées «Les Saintes Mesures» qui dictent les proportions à employer pour construire des compositions. Il semble à Sérusier que Verkade a trouvé la communauté artistique qu'il cherche depuis longtemps.

La carrière de Sérusier, entre 1896 et 1927, est dominée par le conflit entre son désir d'explorer les théories mathématiques et son attachementà la Bretagne. Pendant cette époque, il s'éloigne des Nabis qui ne sont pas enthousiasmés à l'idée de concevoir une toile à partir d'un compas et des mathématiques. En 1906, Sérusier fait construire et s'installe dans sa maison de Châteauneuf-du-Faou. Elle domine un vallon, affluent de la vallée de l'Aulne dont il peindra la vue sans se lasser. Il donne également des cours de théâtre et en peint les décors. Le jeudi 6 octobre 1927, il rend visite à sa femme qui est hospitalisée à Morlaix. Il y est terrassé par une embolie. Dans la Dépêche de Brest et de l'Ouest (ancêtre du Télégramme) du lundi 10 octobre il figure dans l'état-civil en quelques mots : «Décès : Louis Sérusier, 62 ans (Châteaueuf)». Il est inconnu du grand public. Origine: Le Télégramme, Bretagne.com


Au début de l’été 1891, Paul Sérusier décide de s’installer à Huelgoat. Il y retrouve  Gabriela Zapolska Mogens Ballin, Verkade et Rasetti.Gauguin est parti pour Tahiti et notre peintre, ’’ le nabi à la barbe rutilante ’’, est en quête de nouveaux motifs. Après Pont-Aven et le Pouldu où peut-être il a peint ses meilleurs toiles, il veut ’’s’émanciper’’ de Gauguin. Huelgoat , région boisée, pleine de ravins, de bois sombres, de rochers de granit et de légendes semble convenir à son caractère. Il pense y retrouver le côté primitif et la spiritualité de cette Bretagne qu’il aime et qui a bouleversé sa vie. Il écrit de Huelgoat à son ami Verkade : « rarement j’ai été aussi tranquille (en dépit des apparences) et rarement j’ai travaillé autant que maintenant. »Le chaos rocheux et le mystère des bois profonds de Huelgoat l’inspirent. Ici pas de lumière brutale ou de ligne d’horizon comme au Pouldu. Il peint alors dans des couleurs éteintes et assagies, des femmes primitives, humbles, au dur quotidien et dont il se dégage parfois une certaine tristesse. Il peint également les rochers, les mares,les arbres, les fougères, domaines des fées et des elfes.http://www.galerie-stephan.com/Paul-Serusier-1864-Paris-1927.html


le peintre céramiste Georges Rasetti et son beau-frère Georges Chaudet, peintre et photographe, qui rencontrent Sérusier, Ballin et Verkade au Huelgoat durant l'été 1891 ; le Danois Gad Frederick Clment, un ami de Ballin, présent au Huelgoat ce même été

Georges RASETTI (1851 – 1938) Né à Paris.En 1877 et 1879, il expose au Salon des Artistes Français comme élève de Bonnat.En 1886, il épouse Céline Chaudet, sœur de Georges Chaudet, peintre et photographe.En 1891, il séjourne à Huelgoat en compagnie de ses amis Sérusier, Verkade et Ballin. Il expose au Salon des Indépendants. Il initie les Nabis aux techniques de la céramique dans son atelier de Bois-Colombes tout en pratiquant la peinture au cours de ses fréquents séjours en Bretagne.

Un tablleau de Verkade fait pour moi au Huelgoat

Des tableaux de 1892 que Verkade a du peindre lors de son séjour au Huelgoat(Sérusier et la Bretagne Caroline boyle-Tuner Ar Men-Chasse Maréee 1995)


Mogens Ballin, né le20 mars 1871à Copenhague et mort le 27 janvier 1914 à Hellerup, est un peintre danois. Mogens Ballin est le fils unique d'une famille juive très croyante. Très jeune, il peint ses premiers paysages dans le Sealand au nord du pays.En 1889, il part pour Paris avec un compatriote, muni d'une lettre de recommandation pour Gauguin remise par Mette Gauguin, l'épouse du peintre, qui lui a donné des cours de français. Au bal Bullier, il fait la connaissance de Jan Verkade. Sur les conseils de Paul Sérusier, il part pour Pont-Aven, puis Huelgoat, et rencontre le céramiste Georges Rasetti  https://fr.wikipedia.org/wiki/Mogens_Ballin


Le célébre tableau "Bretonnes à la mare" de 1892 de Maurice Denis.C'est bien les lavoirs du chaos du moulin. En haut à gauche du tableau :le mur du moulin.Il était surement venu voir son copain Paul Sérusier au Huelgoat du mouvement Nabi .


Paul-Élie Ranson : un dessin  lors de son séjour au  Huelgoat .

Sérusier revient au Huelgoat l' été 1893, accompagné de Ranson.

. Tableau de 1896 , il s'est inspiré de ses dessins de nos paysages qu'il avait fait lors de son séjour chez nous en 1893.


Lettre de Henry Sérusier

sans enveloppe fremdeHandschrift, Bleistift:  Juillet 91

Venues sommes en cette mômerie,

Belles, bonnes, plaisants, gracieuses,

Prêts à danser & faire chère lyre

Pour réveiller vos pensées joyeuses.

(Charles, Duc d'Orléans)

 

O les très-gentes pastourelles ! D'une splendeur ensoleillée s'aurore le Quatorze Juillet.Branlebas de cloches sonores et détonations d'arquebuse, au lever.

Puis voici venir le Biniou et la criarde clarinette, qui vont de-ci, delà, donnant aubade à tout venant.De l'étendard aux trois couleurs chaque demeure ornée.

O les très-douces pastourelles! Hélios ouranien dartre de chauds rayons à midi.

Sur la route poudreuse, les Bretons vont s'échelonnant, pour voir la course, la course des bons chevaux bretons, la course au trot et au galop.O les mirifiques cavales!

Et voici que Messire Le Bihan, le bon hôtelier, dont le cheval gagna la course au trot, nous offre des boissons rafraîchissantes .O les plaisantes pastourelles !Le Biniou et la clarinette sur la place. O les dansantes pastourelles ! Et Marie, o la belle vierge, Marie celle de Kervô!!!

Et les soûlées au bon "champagne breton (mélange de cognac et de limonade). Et le Biniou chante toujours, toujours l’infatigable Biniou.

O la gavotte bretonne!O les gracieuses pastourelles!O Damoiselle Le Bihan, et Soisik, et Janik!? Et la retraite aux flambeaux à travers les rues illuminées de lanternes et de bougies à chaque fenêtre. O la retraite bizarre: Biniou, clarinette et tambour; tendis que le Danois, le Hollandais et moi nous gueulons la Marseillaise; mon frère donne le bras à deux Bretons saouls, suit par Derrière, et les Gens d'armes allument des feux de Bengale sur une sorte de litière ornée par deux gamins; d'autres portant des échafamages de lanternes vénitiennes. et les détonations des pétarets au milieu des gueulements et des jurons bretons.

O les suaves pastourelles !O le délectable champagne breton! O Marie, de Kervao !(C’y finit la Ballade du quatorze juillet)

"Mais, dit à messire Pierre L'Avalé, n'est il pas d'usage qu'il y ait un envoie à la fin de chaque Ballade?

-Mais messire, c'est cette lettre qui est l'envoi; je vous l'envoyé (oh! ce n'est point à cause des sapins) c'est pour vous donner de mes nouvelles et vous priez de m'envoyer des vôtres.

-A donc, répond L'Avalé, je suis...

-Paix! Je crois ouïr un troupeau de vaches qui passe sous ma fenêtre laissez-moi faire la vache............Meu!!Meu!!.......

Malez Doux!  [Doue, Dous] ce n'est pas tout à fait ça! Gast!

-A propos...........- Paix, messire Lavallée, répondez moi pas écrit et non par oral.

Je vous prierai. Messire Pierre, de présenter `Dame Lavallée mes hommages,

à Damoiselle Mari-Annik Lavallée mes salutations.

A messires vos frères mes amitiés.

Pressez-vous à vous-même la dextre de ma part, & pressez-la à ceux qui me font chers, quand vous le verrez.

Sur ce je m'en vais....dessiner....à Kervô....!!!!!!!

Gast!!!

Malez Doue!! Ma Doue!!! Ma rehr!

Vi zô bra bran!!!

Votre comédien dévoué.

Henry Sérusier

""Put  mauvais Dieu mon Dieu mon çu il n’est plus long que ma bite.""

 

https://www.youtube.com/watch?v=Ah3uqYjhZfU

https://www.youtube.com/watch?v=4jssJ8ALXD4

https://www.youtube.com/watch?v=z23W5YsVW6Q

https://www.youtube.com/watch?v=vUcbhqAbs_w