le site de la mine(1978)

Aujourd'hui il ne reste que les fondations des maisons de la mine . La municipalité de Locmaria-Berrien  après avoir laissé faire ,elle avait  été contrainte  de  porter plaine contre cet huelgoatain  après qu'il ait détruit ce cite pour récupérer les pierres  pour ses  propriétés, vu  le scandale dans la population locale qu' il engendra.

Les gravats de la mine idem !


ARGENT  DE  LA TERRE  ET DE L'EAU

Si  la rivière du Fao troque son nom, à partir du Chaos du Moulin pour celui de Rivière d'Argent, l'origine est à rechercher simplement dans ce plomb argentifère que s'extrayait encore au siècle dernier à Huelgoat, Locmaria et Poullaouën.

Une légende marque le début de cette exploitation. Un soir, un homme chargé d'un faix de bois revenait de la forêt. Il longeait le ruisseau, lorsqu'il arriva à un endroit où les femmes lavaient à grands coups de battoirs. C'étaient les lavandières de nuit.

Ken na zeuy kristen salver Red e goelc'hi liçer Didan an erc'h hag aer.

« Jusqu'à la venue d'un chrétien sauveur, il faut laver notre linceul sous la neige et le vent. »

Et les funèbres laveuses de l'entourer. L'homme croyant sa dernière heure venue récitait déjà son De Profundis lorsque la plus vieille femme lui dit : « Ne crains rien, aide-moi seulement à essorer ce linceul et tu seras riche pour le reste de tes jours. » L'homme se rappelait les avis des anciens. Il savait que quiconque rencontrant les lavandières de nuit devait avoir bien soin de tordre le drap dans le même sens qu'elles. La Groac'h vit bientôt qu'elle avait devant elle un homme averti et fidèle à sa parole, lui remplit les poches de pierres brillantes d'argent. Rentré à Huelgoat, l'homme montra sa fortune et les mineurs accoururent dans le Vallon de Locmaria.

Ils vinrent même de très loin, de Saxe, de la Forêt Noire et en hommes de métier prirent la tête de l'affaire. Les vieux textes signalent leur présence dès le quinzième siècle. Délaissée maintes fois, l'exploitation reprit sérieusement son activité au milieu du xviir siècle, toujours sous la direction d'allemands. Le lac d'Huelgoat est leur œuvre. De là partent toujours les longs canaux qui arrivaient aux mines après un parcours de plus de deux lieues. Le courant actionnait les machines pompant les eaux au fond des galeries et servait au lavage du minerai. Au moment de la Révolution, il y avait à Poullaouën plus de deux mille ouvriers hommes, femmes, enfants. De grandes roues marquaient les puits. Des ateliers, des forges, des fonderies, un va et vient de gens, de chevaux et de bœufs animait une production importante : Huelgoat était plus riche en argent et Poullaouën en plomb.

Depuis cinquante ans, les mines définitivement abandonnées laissent leurs bâtiments et leurs puits s'écrouler dans un décor lunaire de scories et de déblais qui n'est pas sans grandeur. Aujourd'hui des paysans et des journaliers se sont installés dans ces villages nommés la Mine, Poullabas ou la Molette en souvenir d'une machine qui fit révolution en son temps.

Seul le lutin légendaire du sous-sol, « le petit mineur », doit encore gîter dans le filon. Les ouvriers de la mine le connaissent bien : quand il frappait sa manette sur le fleuret, c'était signe de travail fructueux, mais lorsque les mineurs entendaient le bruit de sa hache, c'était l'annonce d'un accident.

BERNARD DE PARADES


le site de la mine 1980l

 

le site de la mine 1980

Un été en Bretagne : Journal de voyage d'un anglais en Bretagne pendant l'été 1839

la nouvelle roue de moulin de la mine

La mine

Par les champs et par les grèves ( un voyage en Bretagne) : par Gustave Flaubert et Maxime Du Camp de 1847.

Au-delà du bois verdoie une prairie haute et vigoureuse ; elle descend une pente qui rejoint un petit étang, derrière lequel s'étagent quelques maisons. Nous nous couchâmes dans les grandes herbes, écoutant le bruit monotone d'un moulin à foulon et regardant les nuées blanches qui planaient dans le ciel. Je ne sais pourquoi, pendant que j'étais étendu ainsi sur le dos, je me pris à penser à la pointe du Raz, je revis les grottes livides et les écueils déchiquetés battus par la mer, tout en conservant la perception distincte de l'amoureuse nature qui nous environnait, et je me demandais quel était le puissant génie créateur qui avait engendré toutes ces diversités.

Chrétien-Auguste JUNCKER (1791-1865)

Publié dans le LIVRE DU CENTENAIRE (Ecole Polytechnique), 1897, Gauthier-Villars et fils, TOME III, page 184

JUNCKER (Chrétien-Auguste) (promotion de 1809) né le 5 mars 1791 à Obenheim (Bas-Rhin), mort le 4 janvier 1865, Inspecteur général de deuxième classe en retraite. Il avait été de la dernière promotion d'élèves qui, avec Dufrénoy, ait passé par Moutiers. Dès sa sortie de l'École, en 1816, il quitta le service de l'État pour entrer comme sous-directeur et, presque immédiatement après, pour être directeur des mines de Poullaouen et Huelgoat, qui étaient et restèrent, pendant toute sa direction, l'établissement de cette sorte le plus considérable qu'eut la France. Il le dirigea vingt-cinq ans, jusqu'en 1841, date à laquelle il rentra dans l'Administration par le service des carrières du département de la Seine, qu'il géra jusqu'en 1851 et qu'il réorganisa avec le concours de Lefébure de Fourcy, son Ingénieur ordinaire. Ce fut pendant cette période qu'a été constitué l'Atlas souterrain des carrières de Paris.

Les plus grosses difficultés que Juncker avait à vaincre pour assurer la continuation des exploitations de Poullaouen et d'Huelgoat provenaient de l'affluence des eaux, surtout à Huelgoat. L'épuisement y était effectué au moyen de trois roues hydrauliques commandant des jeux de pompes par un long développement de tirants en bois établis au jour. L'ensemble du mécanisme était si compliqué et si rudimentaire que les rendements n'étaient que de 18 à 23 pour 100. Vers 1820, il devenait impossible de continuer l'exploitation en profondeur. A cette date, on ne pouvait songer à établir à Carhaix une machine à vapeur ayant la puissance nécessaire. Juncker, qui pouvait disposer d'une force hydraulique suffisante, se décida pour des machines à colonne d'eau à simple effet, du type de celles que Reichenbach avait établies à Illsang et Rosenheim, en Bavière. Les machines de Juncker, qui sont restées classiques, devaient être deux fois plus puissantes, et elles furent munies d'agencements nouveaux ou complètement remaniés, fort ingénieux, tels que celui de la régulation graduée du petit piston formant tiroir. Juncker devait, en outre, vaincre des sujétions spéciales dues aux circonstances de l'installation à faire dans un puits de mine encombré, sans pouvoir arrêter le service de l'épuisement. Il fut par là conduit à établir côte à côte deux machines identiques de 1 m de diamètre et 2,30 m de course, actionnées par une force motrice de 21 mc par minute, avec hauteur de chute de 61 m. Elles devaient élever 3,58 mc par minute de 230 m de profondeur, en donnant un rendement de 65 pour 100. Ce n'était pas seulement le mécanisme qui était remarquable, au point d'avoir passé dans l'enseignement ; c'étaient, pour l'époque, - la mise en marche eut lieu le 17 juillet 1825 - la puissance de la machine et l'importance des pièces comme celle constituée par le piston. A cette date, il y a soixante-cinq ans, la plus forte machine à vapeur fonctionnant en France était une machine de 100 chevaux.

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http://passerellesdutemps.free.fr/edition_numerique/IGCD/5_SCIENCES_DE_LA_NATURE_ET_MATHEMATIQUES/55_Sciences_de_la_terre_et_des_autres_mondes/553_Les_mineraux_utiles.pdf

collection personelle

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Lavoisier 1778 DE POULLAWEN ET D'HUELGOAT