Les légendes des lavandières de nuit du  Moulin de la chaussée du Lac du  Hüelgoat

Alors prenez garde ! Il faut connaître: le "truc". Car il y a toujours un "truc", bien entendu. Celui-ci constate à tourner toujours le drap dans le même sens que votre partenaire, malgré ses sarcasmes et ses protestations. Et si vous suivez ce conseil, vous aurez la vie sauve. Mais si par malheur et ignorance vous tordez le drap en sens contraire, comme on le fait habituellement, alors ce drap sera votre suaire. Vous ne pourrez plus le lâcher, et la lavandière maudite vous arrachera les bras et la vie sans pitié.

Mon père, travaillant un jour près de cette Mare aux fées, y trouva un avant-bras humain en état de décomposition avancé. Peut être s'agissait il du membre d'une infortunée victime des ‘’lavandières"; ou peut-être encore d'un morceau échappé de la "salle de danse' ou les cadavres mènent un ballet perpétuel, rythmé par le grondement de la cascade du Gouffre.

Fanch  Guillemin.


SI la rivière du Fao troque son nom à partir du Chaos du Moulin pour celui de Rivière d'Argent, l'origine est à rechercher simplement dans ce plomb argentifère qui s'extrayait encore au siècle dernier au Hüelgoat, et à Poullaouen.

Une légende marque le début de cette exploitation. Un soir, un homme» revenait de la forêt. Il longeait le ruisseau, lorsqu'il arriva à un endroit où les femmes lavaient à grands coups de battoirs. C'étaient les lavandières de nuit.

Ken na zeuy kristen salver

 Red e gwelhî linser

Dindan an erh hag an aer

.« Jusqu'à la venue d'un chrétien sauveur, il faut laver notre linceul sous la neige et le vent. »Et les funèbres laveuses de l'entourer. L'homme savait sa dernière heure ; venue, lorsque la plus vieille femme lui dit : « Aide-moi à essorer ce linceul et tu sera riche pour le reste de tes jours ». L'homme savait que quiconque rencontrait !  les lavandières de nuit devait avoir bien soin de tordre le drap dans le même sens  qu'elles. La Groac'h vit bientôt qu'elle avait devant elle un homme averti et ; fidèle à sa parole, lui remplit les poches de pierres brillantes d'argent. Rentré au Hüelgoat, l'homme montra sa fortune et les mineurs accoururent.

Depuis cinquante ans, les mines définitivement abandonnées laissent leurs 'bâtiments et leurs puits s'écrouler dans un décor lunaire de scories et de déblais qui n'est pas sans grandeur. Aujourd'hui, des paysans et des journaliers se sont installés dans ces villages nommés la Mine, Poullabas ou la Molette, en souvenir d'une machine qui fit la révolution en son temps.

Seul le lutin légendaire du sous-sol, « le petit mineur », doit encore gîter dans le filon. Les ouvriers de la mine le connaissaient bien : quand il frappait sa manette sur le fleuret, c'était signe de travail fructueux, mais lorsque les mineurs entendaient le bruit de sa hache, c'était l'annonce d'un accident,

BERNARD DE PARADES


Les lavandières de nuit" Emile Souvestre dans "le foyer Breton" édition Coquebert 1845
Quen na zui kristen salver
Rede goëlc'hi hou licer
Didan an earc'h ag an aër.

"Jusqu'à ce que vienne un chrétien sauveur,
Il nous faut blanchir notre linceul
Sous la neige et le vent."

C'est l'histoire d'un mauvais garçon Wilherm Postik, qui ne croyait en rien, ni à Dieu ni à l'Ankou. Il ne craignait que la soif et les filles laides.Un soir, rentrant chez lui un peu tard, glacé par le froid de Novembre, il décida de passer au court par la douez (les douves). La girouette du chateau tenta de l'avertir de ne pas aller plus loin, la cascade le pria de s'arrêter, rien n'y faisait. Plus loin, il croisat L'Ankou et ne le reconnu même pas, "Qui es tu lui dit-il ?" "Je suis le frappeur sans regard et sans égard! Je prend et je surprend répondit l'Ankou." Mais ou vas tu aujourd'hui d'un pas si préssé lui dit Wilherm ? " Je vais chercher Wilherm Postik !" répliqua l'Ankou.
Wilherm éclata de rire et poussa plus loin.
Arrivant prés du lavoir, il apperçu deux femmes qui étendaient du linge sur les buissons. "Que voilà de jolies jeunes filles qui n'ont pas peur de la nuit, pourquoi étes vous si tard mes petites colombes ?"
"Nous lavons, nous séchons, nous cousons répondirent-elles."
Quoi donc demanda Wilherm ?
"Le linceul du mort qui parle et qui marche encore !"
Wilherm éclata de rire et continua son chemin. A mesure qu'il avançait, les coups de battoirs des lavandières se faisaient plus nets.
Dès qu'elles l'apperçurent, elles se précipitèrent en lui présentant leurs suaires lui demandant de les aider à les tordre. "Un petit service ne se refuse pas !" répondit-il aux belles lavandières.
Il posa son bâton et pris le bout du drap mortuaire ayant soin de le tordre du même côté, car il avait appris des anciens que c'était le seul moyen de ne pas être brisé. Mais pendant qu'il tournait, d'autres lavandières se mirent à tourner autour de lui. Il reconnu, sa mère, ses soeurs et sa tante qui lui criaient, "Mille malheur à celui qui laisse brûler les siens dans l'enfer, mille malheurs !!!" Toutes les lavandières reprirent en coeur; "Mille malheurs, mille malheurs !!!"
Wilherm, hors de lui, sentit ses cheveux se dresser sur sa tête et dans son trouble, il oublia un instant la précaution et tourna le draps de l'autre côté. A l'instant même, ses mains se prirent dans le linceul comme dans un étau. Il tomba broyé par les bras de fer de la lavandière.
Wilherm Postik était acquis à la damnation. Son corps fut déposé en dehors du cimetière, sous l'escalier de pierre, là où s'arrêtent les chiens et les mécréants.


collection personnelle

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Lavandières du  moulin du chaos du  Huelgoat

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Le tableau " Bretonnes à la mare "de 1892 de Maurice Denis.C'est bien le chaos du moulin du Huelgoat, il était venu voir son copain  au Huegoat Paul Sérusier

collection personnelle

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Lavandières au  moulin du chaos du  Huelgoat (l'entrée du tunel du canal de la mine)

Alors prenez garde ! Il faut connaitre: le "truc". Car il y a toujours un "truc", bien entendu. Celui-ci constate à tourner toujours le drap dans le même sens que votre partenaire, malgré ses sarcasmes et ses protestations. Et si vous suivez ce conseil, vous aurez la vie sauve. Mais si par malheur et ignorance vous tordez le drap en sens contraire, comme on le fait habituellement, alors ce drap sera votre suaire. Vous ne pourrez plus le lâcher, et la lavandière maudite vous arrachera les bras et la vie sans pitié.

Mon père, travaillant un jour près de cette Mare aux fées, y trouva un avant-bras humain en état de décomposition avancé. Peut être s'agissait il du membre d'une infortunée victime des ‘’lavandières"; ou peut-être encore d'un morceau échappé de la "salle de danse' ou les cadavres mènent un ballet perpétuel, rythmé par le grondement de la cascade du Gouffre.

Fanch  Guillemin.

collection personnelle