La grotte du diable

ll y avait autrefois, du côté de Plouguer,  là-bas, sur le bord de l’Aulne, au dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient druides. C’étaient des magiciens ou des sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. Mais, pour deviner l’avenir, ces affreux sorciers ne se contentaient pas de cueillir du gui, ils faisaient mourir sur les tables de pierre, que l’on voit encore sur nos landes, des victimes humaines, des chrétiens surtout, qui étaient leurs plus grands ennemis. .......

En fait le diable est le Démon .La christianisation chrétienne du dragon de la légende locale de sainte Victoire.

 

 

 

Sablière de notre église saint Yves sur la Place du Hüelgoat , en haut de la porte dans la tradition, dite de l' entrée des hommes, coté  bois et ses grottes ( les fers à cheval  et une tête de diable sont que la représentation du Demon" qu' on appelle ici dans les Monts d'Arrée  des Teuss " au XVI siècle du mythe du cheval androcèphale  psychopompe des statères des Osismes du Hüelgoat.

 

 

Dans le CODEX BEZAE, écrit  en latin  et en grec d'un manuscrit  dont  l'origine est la Gaule du  Vème ou VIème siècle. ;  il y a  cette  phrase :le tombeau du Christ est gardé par un daemon de gardien, SERPENT ROUGE KOPTE :traduit du grec  l' AERED KOPTE (ou copte) traduit du latin  prouve bien que AERED est le nom gallo-romain  du serpent.

AN AEZ-ROUANT    (Le nom en vieux breton du DEMON indo- européen  des profondeurs des eaux  aux oreilles et aux cornes de taureaux  et ayant un corps de serpent ..Le fait est que les  torrents et fleuves étaient sacrés aux yeux des indo- européens, leur tumulte étant souvent évoqué par l'image  du taureau  avec sa force brute et ses furieux  horribles, affreux meuglements .

Le Serpent  Huant. Arc'houere en breton moderne : il est  le Démon  et non le Diable du Moyen- Chrètien, dénigré en Diable par les missionnaires après le Concile de  Trente et les agnostiques , mais la grande divinité vénéré des cours d'eau des païens. Il est  un Demi-Dieu mortel  né de l' union d'un Dieu et d'une mortelle une nymphe  , l' intercesseur et l' interlocuteur des divinités avec les mortels.  En Gaule, déjà au V ième  avant JC était il , Achéloos. et Dusios? sous l'empire romain  


La légende du géant Hok-bras et de la fée d'Huelgoat .(Le publicateur du Finistère ,n° du 5 septembre 1874 conté par Jakou -Ar-Gall de Botmeur.)

Sa marraine est une fée , c'est bien Morgane ou Ahes la géante. Hok-bras a la maîtrise des formes et se transforme tout particulièrement en  serpent ou en Dragon dans le  Gouffre ,il se rattache  bien à la vouivre représentant les énergies telluriques

Du temps que la rade de Brest n'était qu'un petit ruisseau où la mer montait à peine dans les grandes marées, il y avait entre Daoulas et Landerneau un géant, comme on n'en a jamais vu.- Il était grand comme la tour du Kreisker, peut-être ? Allez.- Comme le Ménez-Hom ?- Allez encore.- Haut comme les nuages apparemment ? - Allez toujours. Quand vous iriez jusqu'à la calotte du ciel, mon ami, vous n'y seriez pas tout à fait.- Mais alors où ce malheureux pouvait-il se loger ?- Ah ! voilà l'affaire ! Messire Hok-Bras avait la faculté de s'allonger à volonté. Voici d'où lui venait cette faculté précieuse.

Il est bon de vous dire que maître Hok-Bras était naturellement assez grand ; à trois mois il avait déjà plus de six pieds, et comme il n'était pas encore baptisé, son père le mena chez une tante qu'il avait au Huelgoat, et la pria d'être la marraine de ce petit garçon. Hok-Bras marchait déjà comme un homme, et la marraine n'eut pas besoin de le porter sur les fonts baptismaux, ce qui eût été fatigant, en vérité. Hok-Bras fut gentil. Il alla tout seul et ne pleura pas du tout, si ce n'est  quand on lui mit du sel dans la bouche : il toussa si fort, si fort, que le bedeau qui se trouvait en face fut jeté contre un pilier, où il se fit une jolie bosse à la tête, ce qui dérida le poupon et le fit rire, mais rire ! Ah ! c'était le recteur qui ne riait pas en voyant tomber tous les vitraux des fenêtres de son église !

Enfin Hok-Bras était chrétien et ne viendrait pas rire à l'église tous les jours. Après le dîner de baptême, qui fut très bon à ce qu'on dit, Hok-Bras s'en fut jouer dans le bois, auprès de l'endroit qu'on appelle le Trou du diable, ( ce n'est   pas la grotte du Diable ,elle était inconnue et inaccessible au XIX ième siècles   mais le Gouffre dit du Diable  du Kastell-Gwibel ar Rampez)  et, sans doute afin d'empêcher le diable de sortir par là (ce qui eût été un grand service pour l'humanité, s'il avait réussi), il se mit à rouler tout autour les plus gros rochers de la colline; et l'on sait qu'il n'en manque pas dans ce beau vallon. Pendant que le bambin travaillait ainsi, au grand ébahissement des autres, sa marraine vint le regarder faire et se dit :- Voilà un filleul qui me fera honneur. Et, en disant cela, elle jouait avec sa belle bague de diamant. Tout à coup, la bague lui échappa et roula au fond du gouffre, qui n'était pas encore couvert et où l'eau tombait avec un bruit affreux. La marraine se mit à pleurer. ... Hok-Bras. Votre bague ? Ne pleurez pas, nous allons voir. Si j'étais seulement aussi grand que ce trou est profond, je vous la rapporterais dans cinq minutes. Or, il est bon de dire que la jolie marraine était une fée. Elle sécha ses beaux yeux et promit à Hok-Bras d'exaucer sa demande s'il trouvait la bague. Hok descendit dans le trou et s'enfonça dans l'eau mais bientôt il en eut jusqu'au cou.- Marraine, dit-il, l'eau est trop profonde et moi je suis trop court. - Eh bien ! allonge-toi, dit la fée. En effet, Hok se laissa couler toujours, car c'était un puits de l'enfer, et sa tête restait toujours au-dessus de l'eau. Enfin, ses pieds touchèrent le fond du gouffre. - Marraine, dit-il, je sens une grosse anguille sous mes pieds.

- Apporte-la, dit la fée, c'est elle qui a avalé ma bague et remonte de suite. Crac ! On vit tout à coup Hok sortir du gouffre noir comme un arbre énorme, et il montait toujours. - Marraine, dit une voix qui venait des nuages, ne m'arrêterez-vous pas ? - Tu n'as qu'à dire assez, mon garçon, et ta croissance s'arrêtera. - Assez ! hurla Hok d'une voix de tonnerre... Et à l'instant on le vit se raccourcir et puis se mettre à genoux pour embrasser sa jolie tante et lui passer sa bague au doigt. Par malheur pour nous, Hok, dans sa joie, oublia de boucher le Trou du Diable. On ne le sait que trop en ce monde, hélas!

Hok s'en retourna chez son père qui,le voyant déjà grandi de trois pieds depuis le jour de son baptême, pensa qu'un tel garçon serait fort coûteux à nourrir à ne rien faire. Oui, Hok ne voulait  rien faire, si ce n'est courir les aventures, se battre et se marier le plus tôt possible. Se marier à cet âge ! Y pensez-vous ? En effet, en quittant Huelgoat, notre jeune géant avait d'abord eu l'idée d'emporter sa petite tante sous son bras ; mais la fée, qui était sage (chose rare en vérité), lui avait fait comprendre que ce n'était pas convenable à son âge et qu'elle ne voulait être sa femme que quand il aurait accompli au moins trois prouesses, ce qui lui serait facile, vu qu'elle lui avait donné le secret de s'allonger à volonté.

La découverte de la bague pouvait compter pour une prouesse, restait deux. Et voilà ce qui tourmentait notre grand bébé, déjà rempli d'ambition. Hok, dans son impatience, ne faisait guère que courir par monts et par vaux; dans ses moments perdus (et c'était l'ordinaire) il s'amusait, au lieu d'aller travailler comme un bon journalier, à faire des tas de terre et de cailloux, . du placis, Hok se mit au milieu et s'écria : - Hok, allonge-toi ! Crac ! Aussitôt on vit sa tête monter et parfois se perdre dans les nuages qui passaient sur le ciel. Puis la lune s'obscurcit. On entendit un coup de tonnerre qui disait assez ! et peu à peu on vit la lune descendre rapidement. Quand elle fut arrivée sous les nuages, on put voir que c'était Hok-Bras qui la tenait par le bord entre ses dents. Hok-Bras, qui se trouvait tout auprès du clocher de Saint-Houardon, déposa délicatement l'astre des nuits sur le bout de la girouette, demanda ses dix écus et s'en alla très content. Et de deux ! sans compter la montagne Depuis ce temps, on dit que Landerneau a conservé sa tante, la lune et son immortelle clarté, connue dans le monde entier. Vous voyez que c'est une qualité assez précieuse de pouvoir devenir plus grand que les autres ; et je suis sûr que s'il se trouvait encore une fée comme celle-là sur la terre, elle aurait beaucoup de pratiques. Il y a dans ce monde tant de gens qui ont la faiblesse de vouloir toujours être plus grands que les autres..Vous pensez bien que notre petit géant - qui n'avait guère que douze à quinze pieds dans ses jours ordinaires - avait attrapé un peu chaud dans son voyage à la lune, et il regrettait fort en passant par Loperhet que la mer ne fût pas sous ses pieds pour s'y désaltérer et se baigner à l'aisé.

A cette époque, comme vous savez, la rade de Brest n'existait pas encore. - Tiens, se dit Hok-Bras, si je creusais ici un petit étang, voisin de ma maison, cela serait bien commode pour se baigner tous les matins, et peut-être que cela ferait plaisir à ma tante. Allons ! Il déracina quelques chênes, prit une taille et une force proportionnées à la besogne, s'empara de deux ou trois vieux chalands sur la rivière de Landerneau afin de s'en servir comme d'écuelle, et se mit à l'ouvrage. Le premier jour, il creusa un grand bassin depuis Daoulas jusqu'à Lanvéoc. Le second jour, il creusa de Lanvéoc à Roscanvel, et le troisième jour, comme il tait pressé d'achever la besogne par une prouesse digne de sa fiancée, crac ! il donna un grand coup de pied dans la butte qui fermait le goulet, et bientôt il eut le plaisir de sentir l'eau de mer lui chatouiller agréablement les mollets à une jolie hauteur, car à ce moment-là il mesurait, dit-on, plus de mille pieds du talon a nuque. Mais le vent soufflait un peu fort de l'Ouest ; les vagues se précipitaient avec la violence que vous pouvez supposer par l'ouverture du nouveau goulet. Si bien qu'un vaisseau à trois ponts (vous comprenez, un vaisseau à trois ponts avant le déluge), qui passait toutes voiles dehors du cap Saint-Mathieu, se trouva entraîné par le courant et entra vent arrière dans la rade, qui se remplissait à vue d'oeil. Et de trois ! La rade de Brest était née pour la gloire de la Bretagne.

Mais pour le malheur de son père, il arriva que Hok-Bras s'étant mis à genoux pour boire un coup et goûter l'eau de sa nouvelle fontaine, il arriva que le vaisseau à trois ponts s'engouffra, avec ses voiles, ses mâts et ses canons, dans le gosier de notre géant, où il demeura à moitié chemin arrêté par les vergues du grand mât. Aïe ! Hok-Bras se sentit aux trois quarts étranglé. Impossible de crier assez ! pour revenir à sa taille naturelle ; et d'ailleurs, s'il se fût rapetissé, le vaisseau lui aurait rompu la poitrine. Le voilà donc, courant comme un possédé, arpentant plaines, monts et vallées, avec quatre-vingts canons dans la gorge... Enfin il se calma un peu et se dit tout naturellement : Ma tante me tirera de ce mauvais pas. Et il se mit à courir dans la direction de la montagne d'Arhez, qu'il avait vu naître et qui allait devenir son tombeau. Oui, en ce temps-là, comme toujours, l'ambition perdit les hommes ; à force de se grandir, ils tombent de plus haut et ne peuvent plus se relever, chargés qu’ils sont du poids trop lourd de leur convoitise insatiable.

Hok-Bras s'assit donc un moment pour se reposer sur le Mont Saint-Michel, car son vaisseau à trois ponts le gênait pour faire une longue route. Puis, quand il fut reposé, au lieu de faire le tour du marais, il voulut le traverser afin d'aller plus vite. Par malheur, il comptait sans le poids de ses quatre-vingts canons. En effet, il n'avait pas fait quatre enjambées au milieu des mollières du grand marécage qu'il se sentit enfoncer, au point de ne pouvoir plus en retirer les jambes. Puis, dans ses efforts épouvantables, il trébucha, et son corps immense, entraîné par le poids des quatre-vingts canons, alla s'abattre sur la montagne. à l'endroit appelé Rocbraz ou Hoc-Trévézel.

Il y eut, dit-on, un tremblement de terre, et au Huelgoat la fée en fut épouvantée. Hok-Bras s'était brisé la tête en tombant sur les roches qu'il avait amoncelées lui-même. Sa marraine, folle de douleur, accourut près de lui et essaya en vain de le rappeler à la vie ; mais n'y pouvant réussir, elle se retira à Saint-Herbot, où son ombre revient errer au bord des torrents. (autre version) .

Elle se changea en une chienne noire qui erre et doit errer jusqu'au jugement sur le funeste marécage. 

Maintenant, il serait trop long de rapporter tout ce que l'on dit du cadavre de Hok-Bras. On prétend que, voyant venir ... que, voyant venir le déluge et ne trouvant pas de poutres assez fortes pour construire l'arche, Noé, qui avait entendu parler du colosse breton,vint à la montagne d'Arhez, scia la barbe du géant défunt et en fit les membrures du navire suprême. Noé voulut aussi, par curiosité ou pour lester son arche, emporter quelques dents de Hok-Bras, et pour chacune il fallut trois vigoureux matelots. On raconte bien d'autres choses du gigantesque constructeur de nos montagnes. Mais ici se termine ce récit authentique, récit qui sans doute vous a démontré que les Bretons ne sont pas des petits garçons !

Gwenc'hlan Le Scouëzec Arthur, roi des Bretons d'Armorique Le roi des Pierres

Les DRUIDES

Chapitre VII Le Marais des Enfers

 

 

Parlant de la carte des Monts d'Arrée, en 1896, Paul du Châtellier écrivait les lignes suivantes : « En regardant cette carte on est frappé du grand nombre de monuments, groupés sur les sommets des collines qui divisent en nombreux bassins la plaine qui s'étend des montagnes d'Arrhées aux montagnes Noires, au sud et à l'est du marais de Saint-Michel, dans un rayon de douze à quinze kilomètres. »

Et il concluait, à proposdes fouilles qu'il avait menées en 1895 et 1896 dans cette région : « En somme, dans cette importante campagne', nous avons reconnu six dolmens ou allées couvertes, plus ou moins ruinés, dont deux ont des sculptures, onze menhirs, cent soixante et un tumulus, huit cachettes de fondeurs, quatorze camps ou enceintes fortifiées et trois cachettes de monnaies gauloises. »

Rien que sur la commune de Berrien, notre archéologue compta un menhir, quatre dolmens et cinquante-trois tumulus. A Coatmocun, en Brennilis, ce furent trois dolmens, quatre menhirs, dix tumulus, un camp à enceinte circulaire et des restes d'habitation.

Le tertre situé en Berrien, « à deux cents mètres au Nord-Ouest des édifices du village du Reuniou », contenait les restes d'un linceul de peaux qui avait enfermé le cadavre, un collier de coquilles, un vase en argile et des poignards en bronze ainsi qu'un fragment de bois de cerf. On remarquera bien sûr la présence, ici comme à Hoedic et à Teviec, quoique bien plus tard, du cervidé symbole de renaissance..

Le tumulus I de Coatmocun était vide, il n'avait pas de chambre et aucune trace d'ossements humains ou autres ne s'y trouvait. Mais, dans sa partie est, trois petites pierres plates protégeaient « un fossile du genre oursin ». Sera-ce l'œuf de serpent dont Pline, un jour, parlera comme d'un talisman druidique?

Ajoutons que sur ce territoire, se trouve le Camp d'Artus, le gouffre d'Ahès et la mine de Huelgoat, témoignant d'une activité ancienne et d'une mythologie toujours présente. Le camp d'Arthur est l'oppidum le plus important de Bretagne et il y a tout lieu de penser que là se trouvait le centre politique des Osismes préromains, voués au culte d'Arthur, la Pierre.

Le gouffre d'Ahès qui l'avoisine, est l'un des lieux de passage de ce monde-ci vers l'autre. On dit que la princesse — ou la déesse ? — y faisait jeter ses amants. C'était bien évidemment pour leur procurer l'existence dans l'Autre Monde..

Quant à la mine, toute proche, d'où l'on extrait le plomb et l'argent, elle est à la fois le centre nerveux de la région et le site magique des fondeurs. Ils avaient établi leurs ateliers au pied du Castel Guibel, qui domine de sa masse le puits d'Ahès. On peut imaginer qu'ici s'opérait une alchimie tant spirituelle que matérielle.

Huelgoat est en somme la capitale, antérieure à l'occupation romaine. On ne manquera pas d'être surpris par la longue place qui ressemble plus à un forum qu'à la place centrale d'un village breton, par l'ensevelissement de l'agglomération, tel qu'on ne la voit de nulle part, contrairement aux habitudes des paroisses d'Armorique. La ville est sous la protection du camp d'Arthur..

L'environnement mérite toute notre attention. La longue étendue de marécages qui s'étend au nord et à l'ouest de Huelgoat, jusqu'au pied de la ligne de montagnes qui barrent l'horizon, sert non seulement de protection militaire à toute attaque venue de ces directions, mais de plus de frontière avec l'Autre Monde. C'est ici proprement, selon la tradition, la Porte des Enfers. C'est ici qu'erre le chien noir et que les ramasseurs d'âmes parcourent la lande. Point de vision chrétienne de l'Enfer, pas de diable, ni de feu, mais la vision froide de terres inondées où la terre et l'eau se confondent..

A l'ouest se trouve le Mont Saint-Michel, de son vrai nom Menez Kronan. Comme tous ses homologues, il représente une divinité plus ancienne, ici Cernunnos, le dieu de l'Occident.

Il est remarquable que ce marais ait été,à la période des seconds tumulus de l'âge de Bronze, le lieu d'un rassemblement extraordinaire de ces constructions. Quel rapport y a-t-il entre les sépultures de l'âge de bronze et la tradition orale venue jusqu'à nous ? On a pu contester précisément qu'il s'agisse d'une mythologie antique et penser que le folklore n'avait pas d'antiquité. Bien qu'il n'y ait aucun élément en faveur de cette ancienneté, il n'est pas très sérieux de la nier. Toute cette histoire de chien noir et de ramasseur d'âmes, liées à la vision cernunienne du monde, non plus que les ombres d'Arthur, de la princesse mythique des Osismes, Ahès, du gouffre où l'on jetait les sacrifiés, ne relève pas d'une création récente, ni même médiévale. Il n'y a là, avons-nous dit, rien de chrétien. Certains fragments, comme ceux d'Ahès, sont manifestement très anciens et la croyance qui s'y attache a ce caractère indélébile des récits dont on ne sait plus pourquoi on s'y attache, mais auxquels on s'attache on ne peut plus fortement. L'ensemble est cohérent, solide, indestructible, et parfaitement non logique.

C'est une autre question de savoir la raison pour laquelle cent soixante et un tumulus ont été édifiés dans cet espace restreint. Est-ce parce que c'était déjà la Porte des Enfers ? Ou bien l'endroit est-il devenu la Porte des Enfers parce que cent soixante et une inhumations ont été faites ici ?

L'endroit n'a pas dû sensiblement changer. Quatre mille ans, c'est bien peu. Si l'endroit n'a pas changé, le symbole non plus. Dans l'esprit d'un homme d'il y a quatre mille ans, le marécage, avec ses eaux, ses engloutissements, ses risques, n'est pas différent de celui d'aujourd'hui. L'endroit est sinistre et inabordable. Il était sinistre et inabordable il y a quatre mille ans. On ne voit pas pourquoi il n'y aurait pas beaucoup plus longtemps que la Porte des Enfers aurait élu domicile là.

Un personnage mérite d'être remarqué : c'est le Gewr. Il règne plus particulièrement à Saint-Herbot, à la lisière sud du Marais. Ce personnage, fut à l'origine du chaos de Huelgoat, dans sa lutte contre un autre géant avec lequel il échangeait des coups en blocs de plusieurs tonnes, entre Berrien et Plouyé. Huelgoat, au milieu, les recevait. Le Grand Bonhomme a été enterré au-dessus du village de Saint-Herbot, au Be Gewr, la tombe du Gewr. Il fallut paraît-il replier neuf fois son corps sur lui-même pour le faire entrer dans la fosse. Cela laisse entendre qu'il s'agissait d'un serpent géant, un dragon monstrueux.

C'est sans doute du Gargan qu'il s'agit. Son nom serait simplement l'abréviation d'un Karregan et proviendrait de Karr et de Karreg, le rocher. L'on sait que ces personnages gigantesques, qui parcourent les campagnes de l'Europe occidentale, prennent plaisir aux pierres que l'on jette et que l'on dresse.

Cet ensemble de lieux et de mythes, enfermés entre les hauteurs de Trevezel et la fuite de l'Ellez, entre le Menez Kronan et la mine de Huelgoat, a été peut-être plus connu qu'on ne le croit. Cette terre de Bretagne, à l'occident du monde, d'où l'on voit le soleil plonger dans le sein retrouvé de la mer, aurait été l'embarcadère des îles merveilleuses, le site même de la Légende de la Mort, comme le découvrira plusieurs millénaires plus tard, l'un des fils de cette Letavia ou Pays de la Mort que fut, jusqu'à nos jours, la Bretagne armoricaine.

Sans doute venait-on de très loin pour trouver ici la voie qui mène à d'autres univers que le nôtre. Tout cet ouvrage, je pense, le montrera.


GÉANT OU CAPTIF CHÉTIF

'Cauaros' (Kaûapoç, nom de prince galate, Kauàpa & Kaûapoi, comme divers dérivés en Cauar-, dont les Cavares d'Avignon - Dela­marre 2003, 111) se compare au vieil irlandais caur (caurad au génitif, 'champion, héros') comme au brittonique, ancien comique caur-march. 'camelus', gallois cawr, 'giant', tels les géants de légende des monts d'Arrée en breton (Be2) Gewr (Begheor à Saint-Herbot, cher à Jean-Marie Le Scraigne) / Kaour, dans divers contes de Luzel, d'où peut-être le prénom Kaourintin, Corentin, dont les diminutifs sont parfois Kaour et plus souvent Kaou.

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Saint Trémeur ou l’homme sans tête et Saint  Herbot.  Ernest du Laurens de la Barre Contes et légendes de Basse-Bretagne ( 1891)

 

Un site aménagé légendaire dédié au diable inventé par le Syndicat d'initiative vers 1923   pour les touristes lors de la création du chemin pittoresque et l'aménagement de cette grotte dans le chaos du Saouelec  financé par  financé par l'Etat et le département .

La vrai  grotte du Diable dans les légendes avant la venue des touristes est celle et son lac souterrain des profondeurs du Gouffre dit du Diable  du Kastell-Gwibel ar Rampez)  

La Grotte du Diable réserve aux promeneurs d'autres frayeurs. Cachée sous le chaos, on y descend par une mince échelle. La mousse verte et glissante rend le périple d'autant plus délicat. L'eau souterraine jaillit d 'une bouche béante. Les habitués des lieux racontent qu'un paysan pourchassé par les Chouans s'y serait réfugié. Affublé de deux plumes rouges et armé d 'une fourche, il aurait fait fuir ses poursuivants persuadés d 'avoir rencontré l'ombre du diable avec ses cornes. (source  du bureau de l'office du tourisme).

Dans les années  d'après guerre  les guides du Huelgoat ne  fréquentaient que les sites de la roche et du ménage. Vers les 1980 certains jeunes du fait que les meilleurs places de guides du site du chaos étaient  prises ont crée cette légende pour les touristes qui descendaient dans la grotte pour la pièce de monnaie .

Lorsque le Père Maunoir commença au XVIIe siècle ses missions dans la Cornouaille des Monts d'Arrée, on le rencontrait alors, à chaque pas, animant une ténébreuse bande, la Cabale, Cette « Citadelle d'Enfer » n'était que possession, envoûtements, Messes noires, sabbats nocturnes, pactes diaboliques. Malgré ses prédications et ses exorcismes, le Père Maunoir laissait, à ses successeurs, un fief où le satanisme était toujours vivant.

 

Ce Trou du Diable à Huelgoat, serait l'entrée de la route qui mène à l'Enfer. Ce chemin est large et facile à la marche. Quatre-vingt-dix-neuf auberges sont des arrêts qui doivent durer chacun cent ans. Des « choses douces » et « des choses fortes » sont servies par des servantes de plus en plus belles et accortes à mesure que l'on approche de l'Enfer. Si le voyageur modère son boire et arrive à la dernière auberge sans être ivre, il peut revenir sur ses pas. L'Enfer alors n'a plus de droits sur lui. Mais au cas où il serait trop « chaud de boire », les diables lui font avaler une affreuse mixture de sang de crapaud et de couleuvre. Désormais le diable est son maître.

BERNARD DE PARADES

Erreur ce n'est pas la grotte du Diable mais le Gouffre du Diable


TROUS  DU DIABLE

LE Trou du Diable qui s'ouvre dans le torrent du Huelgoat, à l'entrée du chaos, est l'une des marques de Satan en son domaine de l'Arré. Lorsque le Vénérable Michel le Nobletz commença au début du xvrr siècle ses missions dans la Cornouaille des Monts, on le rencontrait alors à chaque pas animant une ténébreuse bande, la Cabale. Cette « Citadelle d'Enfer » n'était que possessions, envoûtements, messes noires, sabats nocturnes, pactes diabo­liques. Malgré ses prédications et ses exorcismes, Michel le Nobletz laissait à son successeur, le Père Maunoir, un fief où le satanisme était toujours vivant.

Combien d'histoires ont raconté sa présence aux festou-noz de villages : Un beau Monsieur vient se mêler à la danse. Bientôt on s'aperçoit qu'il a des pieds de bouc ou des pieds de cheval. Il ne partira qu'à la venue du recteur et de son eau bénite. '

Et les pieuses complaintes des missionnaires de rappeler : « Vous dansez, jeunes gens,,oui, vous dansez en ce monde !... Dans l'autre monde, vous danserez aussi, mais pas comme vous le faites maintenant. Dans l'enfer, une salle est préparée, une belle salle, pour les danseurs. Elle est hérissée de pointes de fer, de bas en haut, tout du long. »

Le Trou du Diable à Huelgoat serait l'entrée de cette route qui mène à l'Enfer. Ce chemin large et facile à la marche. Quatre-vingt-dix-neuf auberges sont des arrêts qui doivent durer chacun cent ans. Des « choses douces » et « des choses fortes » sont servies par des servantes de plus en plus belles et accortes à mesure que l'on approche de l'Enfer. Si le voyageur peut modérer son boire et arriver à la dernière auberge sans être ivre, il peut revenir sur ses pas. L'Enfer alors n'a plus de droits sur lui. Mais, au cas où il serait trop « chaud de boire », les diables lui font avaler une affreuse mixture de sang de crapaud et de couleuvre. Désormais le diable est son maître.

Vigilant gardien des solitudes des Monts d'Arré, Saint Michel, de sa chapelle du mont, regarde aujourd'hui les eaux calmes du lac de Nestavel. Mais il n'y a pas longtemps encore le Yenn Elez n'était en ces lieux sinistres que tourbières mouvantes où plus d'une fois d'imprudents voyageurs s'enlisèrent et disparurent à tout jamais.

Caché par quelques herbes trompeuses au milieu du marais, s'ouvrait un trou dont jamais âme vivante n'avait pu mesurer la profondeur, autre porte de l'Enfer où l'on précipitait les âmes damnées qui revenaient sur terre tourmenter les vivants. D'un coup adroit de leur étole bénite, certains prêtres avaient le pouvoir de dompter ces fantômes de malheur. Us les enfer­maient aussitôt dans le corps d'affreux chiens noirs. Un homme était chargé, de presbytère en presbytère, de conduire dans les marais les bêtes enchaînées, et avec l'aide du Recteur de Saint-Rivoal, de les précipiter dans le Yeun au milieu des cris et des hurlements de damnés.

A Botmeur, de furieux 'abois troublent encore parfois la nuit : c'est la meute des conjurés qui se révolte dans le marais. Alors au-dessus du Ménez-Mikel une soudaine clarté illumine les monts. L'archange Saint Michel dirige son glaive flamboyant vers le Yeun sinistre. Tout rentre aussitôt dans l'ordre et le silence du lac et des tourbières glacées n'est plus troublé que par les gémissements de quelques bêtes appeurées.

Sant Mikael vras a oar an tu D'ampech youc' hal ar blelzi du.

« Le Grand Saint Michel sait la manière d'empêcher les loups noirs de hurler. »

BERNARD DE PARADES


Saint Trémeur ou l’homme sans tête et Saint  Herbot.  Ernest du Laurens de la Barre Contes et légendes de Basse-Bretagne ( 1891)

Plouguer  n’est pas sur le bord de l’ Aulne  et il n’ y a pas de grottes de pierres  pas comme au  Huelgoat  qui était l'ancienne capitale des Osismes  des païens avant la venue des romains civilisés   ""des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses et un tas de vilaines choses "" et  Le Huelgoat et ses grottes sont aussi sur le bord d'un affluent principal du  Ster-Aon  .

Il y avait autrefois, du côté de Plouguer,  là-bas, sur le bord de l’Aulne, au dessous de Carhaix, un village habité par des païens qui adoraient des dieux, des demi-dieux, des déesses, des diablesses et un tas de vilaines choses. J’ai entendu dire par des savants que leurs chefs s’appelaient druides. C’étaient des magiciens ou des sorciers qui, pour savoir l’avenir, coupaient du gui sur les chênes avec des faucilles d’or. Mais, pour deviner l’avenir, ces affreux sorciers ne se contentaient pas de cueillir du gui, ils faisaient mourir sur les tables de pierre, que l’on voit encore sur nos landes, des victimes humaines, des chrétiens surtout, qui étaient leurs plus grands ennemis.

Dans ce temps-là, la croix de Notre-Seigneur n’avait pas encore trois cents ans. Vous voyez que mon histoire est plus vieille que Mathusalem : n’importe, les vieilles choses valent bien les neuves, comme disait le vieux Bornik, sacristain et fossoyeur du monastère.

Le druide, chef du village de Plouguer, s’appelait Comorre (Conomor) . Il avait un fils,guerrier généreux, nommé Trémeur, qui ne voyait qu’avec pitié les cérémonies de ces maudits païens.

Un soir, après une bataille, on amena des prisonniers au village. Ils furent enfermés dans des grottes de pierre, au fond desquelles on les enchaîna. Ce soir-là, l’orage grondait. Cependant, comme il avait vu enfermer un vieillard à longue barbe blanche, Trémeur s’en vint, à la nuit, rôder autour de la caverne et entendit une voix qui disait :

— Seigneur, prenez votre serviteur, mais que son sang serve du moins à la conversion des païens !

Ces paroles étonnèrent Trémeur, et, renversant la porte de pierre, il entra résolument dans le cachot. Alors il vit le vieillard à genoux : ses mains chargées de chaînes étaient levées vers la voûte sombre, et la lueur des éclairs passant entre les rochers, illuminait par intervalles son front chauve et blanc.

Je ne puis vous rapporter ce qu’ils se dirent. Ce qu’il y a de certain, c’est que Trémeur brisa avec sa hache les fers qui serraient les mains du captif, et qu’ils sortirent ensemble de la caverne.

La nuit et l’orage auraient pu cacher leur fuite. Par malheur, comme ils allaient quitter le village, voilà qu’un druide les aperçut et, se mettant au milieu du chemin, vint leur barrer le passage. Trémeur reconnut en tremblant Comorre, son terrible père, qui, d’une voix courroucée, lui demanda où il allait.

Trémeur, qui ne connaissait ni la crainte ni le mensonge, répondit sans hésiter :

— Laissez-nous passer, mon père ; ma résolution est prise : je veux sauver ce vieillard innocent et me faire chrétien.

— Toi, chrétien ! s’écria Comorre d’une voix formidable, en brandissant sa hache. Non ! non ! par la barbe du grand Hu, chrétien tu ne seras pas 

Et, en disant cela, il porta un coup si violent à son fils qu’il lui trancha la tête. — Voilà l’homme sans tête. — Mais, comme Trémeur était d’une force prodigieuse, il retint, sans broncher, sa tête contre sa poitrine. Au même instant, il y eut un grand coup de tonnerre ; un zigzag de feu passa entre nos trois hommes, et, si le tonnerre fait souvent du mal, cette fois il fit un bon coup, car Comorre  ( Conomor ) avait reçu la bordée et ne remuait plus ni pied ni patte. — Voilà qui va bien ! ( Mythe de la mort du père païen de  Sainte  Barbe)  — Nos deux amis ne restèrent pas à le regarder longtemps, et prirent le large, le prisonnier remorquant Trémeur, qui suivait aussi bien que possible, en portant sa tête sur son estomac… Ça devait être assez drôle, tout de même, de voir marcher un homme sans tête !

Il faut vous dire que le vieillard n’était autre que saint Herbot, l’ermite. Vous connaissez sans doute de réputation saint Herbot, l’ami des laitières, un saint plus doux que le beurre frais.

Les rochers et le clocher de l'église du  Huelgoat sur cette illustration.

 

  Enfin, quand ils furent rendus un peu loin, l’ermite, voyant que son compagnon suait à grosses gouttes à porter ainsi sa tête sur son cœur, lui offrit d’abord de la porter à son tour, pour le reposer. Mais aussitôt il réfléchit que, s’il lui tirait tout à fait sa tête, il était probable que le pauvre diable ne s’en trouverait pas mieux. Et pourtant on dit qu’il y a bien des gens qui seraient bien meilleurs sans leur mauvaise tête. N’importe, il vint tout à coup une fameuse idée à saint Herbot. Vous allez voir.

On passait alors devant une ferme, et la ménagère barattait du lait sur le seuil de sa maison.

— Vous faites là de beau beurre, dit l’ermite.

— Ma foi non, mille malheurs ! répondit la fermière en jurant un peu. Ce fichu lait ne lève pas du tout ; à cause de l’orage, apparemment.

— Bah ! fit le saint en riant ; c’est que vous ne vous y prenez pas bien, bonne femme

— Ah ! répliqua celle-ci, je ne m’y prends pas bien ! Voilà qui est fort ! Moi, la meilleure du pays pour le beurre ! Vous radotez, vieux bonhomme.

— Par les cornes de ma vache ! dit saint Herbot. Tenez, bonne femme, je parie qu’en trois coups je fais lever toute votre barattée, si vous voulez m’en donner un petit morceau après.

— Un morceau je vous donnerai, dit-elle, mais quant à faire lever mon beurre en trois coups… vous plaisantez.

— Possible, mais laissez-moi faire.

Et, en disant cela, l’ermite prit le manche du ribot, frappa trois bons coups, ni plus ni moins, et dit à la fermière :

— Regardez-y vous-même.

En vérité, le beurre était fait, et du beau encore ! C’était merveilleux, et la fermière ne savait trop qu’en penser. Elle pensait, je crois, qu’il y avait du sorcier là-dessous, surtout quand elle vit l’ermite prendre du beurre dans ses mains ; puis, après avoir bien beurré le cou de Trémeur avec son couteau, lui replacer la tête entre les deux épaules et lui dire :

— Maintenant, mon ami, te voilà restauré ; ta tête est assez solide, tu peux courir le monde. Seulement gare au feu et à la chandelle ! Prends garde aux coups de soleil, car du beurre, vois-tu, ça fond à la chaleur, et adieu ta pauvre tête, mon garçon ! Te voilà prévenu. Mais avant que je te quitte, mets-toi à genoux, afin que je te baptise au nom de la Trinité.

Trémeur se mit donc à genoux, et saint Herbot lui versa de l’eau sur le crâne, en disant : Ego te baptiso, ce qui veut dire, si vous savez le latin : « Je te baptise avec de l’eau. »

Voilà qui va bien, très bien, si bien que saint Herbot vira de son côté et laissa Trémeur bien recollé, bien redressé et non moins étonné. Quant au reste du beurre, la fermière, le regardant comme ensorcelé, l’offrit, la bonne âme, à Trémeur, qui l’accepta et le mit dans sa poche pour son souper, vu que l’appétit commençait à lui revenir.

Désormais notre homme pouvait voyager sans trop de crainte, par le temps couvert ; et, en prenant quelques précautions, sa tête, à la rigueur, valait autant que celle de bien des gens. Il est vrai que ses yeux étaient un peu fixes et hagards, et qu’il ne pouvait plus tourner le cou ; mais quand on a été sur le point de perdre à jamais la boule, on ne doit pas y regarder d’aussi près.

Trémeur eut, dit-on, de belles aventures. Comme il aimait la guerre, il tua plusieurs géants, ogres et bêtes féroces qui désolaient le pays.

Il est bon de vous dire qu’il avait juré de ne pas se marier, et, en cela, il n’avait peut-être pas tort, vu que, si une beauté lui eût tourné la tête, adieu la colle et le reste… Vous comprenez.

Pourtant le diable, celui qu’on nomme chez nous le vieux Guillaume ,( Ar gwillou-koz est le surnom du loup garou et du Diable en breton)  non pas le lugubre Satan,( qui est le Démon) mais un diable comique, tendre et bon enfant ; donc, ce farceur de diable-là avait aussi juré de jouer un tour à Trémeur, parce que Trémeur, en se convertissant, lui en avait joué un autre. Satan voulait le rendre amoureux, naturellement, pour lui faire perdre la tête une seconde fois.

Voilà donc qu’un jour notre homme, en passant dans une forêt, rencontra un vieillard tout à fait vénérable, et qui pleurait comme une Madeleine, sauf qu’il avait une vilaine barbe rouge.  (  Un loup garou a le jour a une forme humaine dans les contes .)

— Qu’avez-vous donc, vieux père ? lui dit-il avec compassion. Pourquoi pleurez-vous ?

— J’ai bien sujet de pleurer, répondit l’autre en grinçant. Voyez-vous, là-bas, les hautes murailles d’un manoir maudit ? Eh bien ! ma fille unique est là prisonnière d’un méchant ogre, qui doit la manger ou l’épouser demain ; ce qui est à peu près la même chose.

— Ah ! fit Trémeur, je ne dis pas non ; mais je n’aime pas à me mêler à des aventures où il y a des femmes ; ça ne vaut jamais rien.

— Oh ! oh ! s’écria le tentateur, vous êtes un drôle de corps, mais ma fille n’en sera pas moins mangée, puisque vous qui avez l’air si vaillant, vous n’avez pas le cœur de…

— Halte-là, mon vieux ! On n’a jamais dit que Trémeur fût un lâche ; pour la tête, passe encore, mais le cœur est fort ; ainsi donc, vu que le temps est couvert, je m’en vais la chercher, votre fille. En attendant, vous, priez pour moi.

L’homme rouge  (le loup garou ) fit entendre une sorte de rugissement à ces mots ; mais Trémeur était déjà en route, et comme il ne pouvait détourner la tête, il ne vit pas le vieux coquin faire une gambade sur ses pieds fourchus et une grimace de possédé.

Voilà qui va bien, comme disait le sacristain.

Je ne perdrai pas de temps à vous raconter comment le fils de Comorre (Conomor)  fendit l’ogre en deux, d’un seul coup de hache, et sauva la fille du diable. Ah ! ce n’est pas ce qu’il fit de mieux en vérité ; car on dit que la fille du diable court encore par le monde et que ses petites-filles, les mauvaises pensées, volent et s’étendent comme d’horribles vapeurs sur la triste humanité. Toujours est-il qu’une heure après, il revint dans la forêt, vers l’endroit où il avait laissé l’homme rouge. La jeune demoiselle étant trop faible pour marcher, se laissait porter par Trémeur, que ça n’arrangeait pas trop, vu qu’elle se cramponnait à son pauvre cou et qu’elle était diablement jolie. Trémeur avait beau chercher ; impossible de retrouver le vieux père. Il suait à grosses gouttes ; le soleil passait par endroits à travers le feuillage. Il s’aperçut bientôt avec effroi que le beurre commençait à couler sur sa poitrine, et déposa malgré elle la jeune fille sur la terre…

— Vous n’allez pas m’abandonner, au moins ? dit la belle en pleurnichant.

— Comment faire ? répondit Trémeur, assez inquiet. Je vous ai sauvée, ma belle dame, pour vous rendre à votre père. Où est-il ? dites-le : je vous conduirai n’importe où…, si le temps est couvert.

— C’est inutile, reprit la commère ; mon père ne me recevra plus chez lui, parce qu’un chrétien m’a portée dans ses bras. Je suis perdue ! Ah ! ah ! ah !…

Et puis des larmes, en veux-tu ? en voilà.

Le bon Trémeur, dans cette terrible passe, éprouvait comme on dit, une fiére suée. Si bien que le beurre fondait, fondait toujours de plus en plus. Voilà qui va mal ! Encore quelques minutes, et sa tête, qui branlait déjà, allait glisser de dessus ses épaules…

Par bonheur, il se rappela que saint Herbot lui avait dit de faire le signe de la croix, quand il se verrait en mauvaise veine. Ayant donc fait son signe de croix fort à propos, il ressentit subitement une sorte de frisson ; la colle cessa de fondre, et, à la place où la jeune fille avait été assise, il ne vit plus rien, rien du tout que le gazon fumant et roussi… Il comprit que le diable était là-dessous et jura de plus belle que dorénavant on ne l’y prendrait plus, à se mêler d’aventures concernant fille, femme ou veuve.

Après une telle affaire — et vous conviendrez qu’elle avait été chaude pour lui — Trémeur devait avoir une furieuse soif. Voyant le temps couvert et orageux, il se hasarda à sortir de la forêt. Une grosse pluie ne tarda pas à tomber, et notre camarade, qui avait oublié son parasol, fut bientôt trempé jusqu’aux os. Pourtant, il continua sa route et aperçut enfin une maison, une chapelle à l’enseigne de gui, comme c’était déjà la mode dans ce temps-là. La vue de cette enseigne de malheur augmenta encore sa soif, si bien que le voyageur s’approcha sans défiance de la porte de ce cabaret.

Alors il remarqua qu’une femme se tenait assise au comptoir, sur lequel on voyait alignés des verres, des chopines, des pichets de vin et de cidre ; et tout cela était bien tentant pour un homme aussi altéré. Mais, à la vue d’une femme, il recula en soupirant, et, raffermissant sa pauvre tête qui en avait tremblé, il se disposait à se remettre en route, quand on le toucha à l’épaule.

— Eh bien ! l’ami, lui dit un homme un peu rouge, mais aimable, on passe devant la boutique à Bacchus sans dire bonjour ? La vieille Proserpina, mon épouse, que vous voyez là, verse pourtant bonne mesure aux pratiques, quoiqu’elle ait cent ans sonnés, hé ! hé ! hé !

En entendant parler de cent ans, Trémeur se sentit rassuré, le malheureux ! Il ignorait qu’il y a des vieilles plus rouées que des jeunes. Il revint donc et entra dans le cabaret.

Il aurait dû se méfier autant du cabaret que des femmes, jeunes ou vieilles ; mais la soif, la terrible soif, la pluie qui tombait, la vue des pichets de cidre, rien que la main à tendre et deux sous à donner ; ah ! un Breton, un vrai Breton n’y saurait tenir !

Voilà qui va mal !… très mal !…

Trémeur entra donc, et, la langue épaisse, comme de raison, il demanda à boire un bon coup de sistr’ mad. La vieille lui en versa à pleins bords dans un énorme pichet ; notre voyageur était tout trempé. L’homme rouge ralluma naturellement le feu, et fit asseoir Trémeur le plus prés possible du foyer. Trémeur tenant le pichet sous son menton, se mit à boire avec délices, sans voir la sorcière qui riait, le feu qui flambait par derrière, et le beurre qui fondait rapidement sur son pauvre coup

 

Dans cet épisode de ce conte du XIX ième siècle , il y a tous les attributs du Dieu celtique  Sucellos: dieu de l' ivresse dieu au maillet sacré ,le merlin qui fracasse la tête et l' olla au beure sacré du Petit Chaperon rouge  , dans ce conte  ce pichet qui aussi donne la vie et la conserve !

Soudain le diable s’en mêla, pour sûr, car la tête décollée roula dans le grand pichet que le buveur tenait à deux mains. Or, le sacristain, qui était un fameux farceur, quoique fossoyeur de son état, disait que Trémeur continua à boire son cidre, avec tant d’ardeur, qu’il avala… (En vérité ceci est trop dur à avaler, tout de même !) Mais que voulez-vous ? Il disait donc que Trémeur avait avalé sa tête, sa propre tête, et qu’il ne s’en aperçut qu’au moment de payer la dépense et de dire kenavo, bonsoir, à la compagnie…

Rassurez-vous : nous ne suivrons pas ce farceur de sacristain dans cette affreuse plaisanterie, et je vais vous dire la vraie vérité.

Pour lors, le chef décollé ayant roulé dans le fond du pichet, l’homme rouge, qui se tordait de rire, attacha le pichet avec une ficelle sur le dos de Trémeur, et lui dit qu’on n’avait plus besoin, dans un cabaret, d’un imbécile sans tête, et par conséquent sans bouche, pour consommer le bon cidre. C’était assez naturel, et le pauvre Trémeur le comprit. Il se mit donc en route avec son pichet et sa tête sur son dos, et résolut d’aller trouver saint Herbot, son parrain, dans l’ermitage où il demeurait, près de la cascade qui porte son nom.

Toc, toc

— Qui va là ?

Pas de réponse.

Saint Herbot, ayant regardé par la lucarne, s’écria :

— Voilà un drôle de vagabond, sans figure. Ah ! je parie que c’est mon filleul ! Tu t’es mis au soleil, ou trop près du feu, mon garçon : le beurre a fondu, et…

— Et ma tête a filé, et je viens vous la redemander, mon parrain.

Trémeur ne répondit pas ainsi, comme de raison, mais il essaya de le faire comprendre, à la manière des muets, en remuant ses épaules et son pichet.

— Ceci n’est pas trop clair, dit l’ermite ; il faudrait d’abord me dire où elle est, ta diable de tête.

Alors, en secouant plus fort le grand pichet où le cidre clapotait joliment, Trémeur réussit à saisir la ficelle et fit signe à l’ermite de regarder dedans.

— Par les cornes de ma vache ! s’écria le patron du bon beurre en examinant le pichet fatal, voilà sa tête, sa tête noyée dans du cidre ! Ah ! c’est un gros péché d’ivrognerie, et cette fois, mon pauvre garçon, il n’y a que notre Saint-Père le Pape qui peut t’absoudre et te restaurer, si c’est un effet de la volonté de Dieu. En attendant, mon fils, entre ici et causons un peu.

— Vous plaisantez, mon parrain. Comment voulez-vous que je cause ? avait l’air de dire Trémeur, au moyen de contorsions pitoyables.

— Ah ! c’est juste, dit saint Herbot en riant. Alors repose-toi, mon garçon, tu partiras ensuite. À défaut de tête, je vois que tu as du cœur, et ça vaut tout autant, et même davantage.

 Trémeur vint donc s’asseoir dans la grotte ; puis, après s’être reposé, il se leva, fit ses adieux comme il put à son vieux patron, et partit par la route du Huelgoat, pour aller à Rome demander au Pape le pardon de ses péchés, et sa tête, s’il était possible de la rafistoler.

Mais vous pensez bien que l’on ne peut aller à Rome sans boire ni manger, comme un aveugle qui va de Gourin à Carhaix. Aller à Rome ! Seigneur Dieu !! Épouvanter le Pape et les cardinaux, en leur montrant un tel fantôme ambulant, avec sa tête dans un pichet sur son dos ! Non, non, cela n’était pas possible ! Dieu, qui lui laissait la vie, ne pouvait le permettre ; en sorte que le malheureux, marcheur infatigable, resta dans le pays breton, où il ne cessait d’errer au hasard, allant et venant pour se rendre à Rome, où tendaient tous ses vœux.

Spectre horrible ! il marchait ainsi nuit et jour, comme l’ombre du Trépas, priant d’intention, priant sans cesse, et demandant à Dieu d’abréger son épreuve. Il marchait depuis si longtemps, qu’il devait se croire bien près de son but. Ses forces commençaient à s’épuiser. Enfin, un soir, après avoir monté la grande côte de Carhaix, l’homme sans tête, accablé de fatigue, voulut s’appuyer contre le mur du cimetière ; mais il manqua son coup : le maudit pichet donna contre une pierre et fut mis en pièces, si bien que la malheureuse caboche roula dans la poussière du chemin, où le décapité essaya, durant la moitié de la nuit, de la retrouver à tâtons. Par malheur, sa tête avait roulé trop loin sur la pente ; il lui fut impossible de la rattraper, et il tomba mourant dans la douve du chemin.

 

En vérité, on en mourrait à moins, comme disait le fossoyeur en riant.

Voilà l’histoire de l’homme sans tête. Elle m’a été racontée par mon grand-père, qui la tenait du vieux Bornik, sacristain du monastère.

Finalement, je vous engage à aller vous promener du côté de Carhaix, si vous ne connaissez pas ce beau pays : vous y verrez le saint sans tête. Il est toujours là, à la place où il tomba jadis, couché contre le talus du cimetière de Saint-Trémeur ; seulement il est changé en pierre, naturellement, pour durer davantage sous le soleil et la pluie, et pour rappeler au monde cette histoire surprenante et surtout véritable.

Pour moi, je dis en finissant, que si Trémeur avait perdu sa tête, il avait gardé un cœur fort ; ce qui prouve peut-être que le cœur vaut mieux que la tête.


 Trémeur fut baptisé Gildas, comme Gildas le Sage, par sa mère sainte Tréphine  santez Trefina  Triw=Exact , on lui ajouta par la suite le surnom de Trech-meur (en breton trec'h » signifie "victoirieux &  par extension . prépondérant, supériorité,&. victoire.comme aussi   meur, "grand &  par extension  ,auguste, important ..superieur ")

La Victoire est le surnom d'ATHENA. Niké en grec . En breton victoire c'est trec'h qui signifie supérieur, & victorieux, par extension . prépondérant, supériorité,& . victoire.. Trec'h  signifie aussi  haut comme uhel , krec'h et nec'h

Les  rochers des sommets des collines,"an nec'h "étaient les sanctuaires des dieux païens où les sacrifices humains dans la tradition populaire étaient célébrés . an nec'h  signtfie aussi en breton  " peur , chagrin ,mélancolie  et  angoisses  .Ils engendraient pour les anciens pour ces lieux de hauteurs la peur !

Krec'h "côte, colline" est issu du vieux breton cnoch glosant tumulus au sens de "monticule, tertre, hauteur" par le moyen breton knech. Il est à remarquer la multiplicité des variantes qu'offre ce terme et à ce sujet, Bernard Tanguy écrit : "Une variante en -a-, *knach, est apparue sous l'influence probable de la consomme vélaire finale ... L'apparition d'une voyelle épenthétique dans le groupe -cn- initial, devenant kan-, ken-, kin-, kon-. Lorsque celle-ci ne s'est pas développée, le groupe -kn a évolué de deux manières : d'une part, perdant l'occlusive initiale, il s'est réduit à n-, d'autre part il a évolué en kr

La représentation de Sucellosle passeur de la mort, chez les anciens bretons c'est l'Ankou .Or l'Ankou est masculin en breton vient du nom breton "anken  ou an nec'h"  l'angoisse "".Ankou, tad an Anken ;""


L'Ankoù semble être un héritage de la mythologie celtique, un dieu dont la fonction est la perpétuation des cycles vitaux, comme la naissance et la mort, les saisons ou le cycle jour nuit. Bien qu'on lui attribue désormais la faux ou la pique, son arme canonique est le « maillet béni ». Tout indique sa proximité avec le dieu gaulois Sucellos et le dieu irlandais Eochaid Ollathair, ou Dagda, qui tuent et donnent la vie avec leur arme, maillet ou massue [3]. L'Ankoù est une figure panbrittonique de cette fonction, et est appelé Anghau au Pays de Galles et Ankow en Cornouailles (Angleterre). Sa fonction a par la suite été réduite à la seule mort[4].

Le mot est masculin en breton et selon Dom Le Pelletier, dans son dictionnaire étymologique paru en 1752, il serait tout simplement le pluriel de anken qui désigne l'angoisse, la peine. Ankoù est proche de ankouaat, ou ankounac'haat, qui signifient « oublier » dans le dictionnaire Geriaoueg Sant-Ivi d'Alan Heusaff.

Dans le chant initiatique "Ar rannoù" (Les séries) qui introduit le Barzaz Breiz célèbre recueil de chants traditionnels de Bretagne, il apparait dans la dernière série comme le père de l'Anken (signifiant "angoisse" ou "douleur morale" en breton) : "Hep rann ar red hepken, Ankoù tad an Anken, netra kent, netra ken !" (Sans série plus que la nécessité unique et l'Ankoù père de la douleur, rien avant, rien de plus).

  • Le mell benniget est une sorte de boule en pierre ou de maillet en bois, connue en Angleterre au XVIIe siècle et utiliséz en Bretagne à la fin du XIXe siècle, que l'on place sur la tête ou le front des agonisants pour leur procurer une bonne mort. Certains folkloristes bretons ont utilisé ce rituel chrétien teinté de paganisme pour imaginer qu'il est l'héritage d'une coutume « druidique » d'achever les vieillards en leur fracassant le crâne avec ce mell. Source : Alain Croix, François Roudaut, Les Bretons, la mort et Dieu, Messidor/Temps actuels, 1984, p. 39.   Ce cullte  légendiaire je l' ai entendu  plusieurs fois !
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    KISS THE DEVIL

     

    Who'll love the Devil ? Who'll song his song ? Who will love the Devil and his song ?

    I'll love the Devil  I'll sing his song I will love the Devil and his song

    Who'll love the Devil ? Who'll kiss his tongue ? Who will kiss the Devil on his tongue ?

    I'll love the Devil I'll kiss his tongue I will kiss the Devil on his tongue

    Who'll love the Devil ? Who'll sing his song ? I will love the Devil and his song

    Who'll love the Devil? Who'll kiss his tongue ? I will kiss the Devil on his tongue

    Who'll love the Devil ? Who'll sing his song ? I will live the Devil and sing his song

     

    EMBRASSEZ LE DEMON

    Qui aimera le démon ? Qui chantera sa chanson ? Qui aimera le démon et sa chanson ?

    J'aimerai le démon Je chanterai sa chanson J'aimerai le démon et sa chanson 

    Qui aimera le démon ? Qui embrassera sa langue ? Qui embrassera le démon sur sa langue ? 

    J'aimerai le démon J'embrasserai sa langue J'embrasserai le démon sur sa langue 

    Qui aimera le démon ?Qui chantera sa chanson ? J'aimerai le démon et sa chanson 

    Qui aimera le démon ? Qui embrassera sa langue ?J'embrasserai le démon sur sa langue 

    Qui aimera le démon ? Qui chantera sa chanson ? J’aimerai le démon et chanterai sa chanson