Les ruines du tombeau du Gawn ou du Gwevrel sont situées en Plounévez du Faou et non pas en Locqueffret comme indique la légende de la carte postale .

Le site existe toujours caché  dans une plantation de sapins de Sidka, mais il s'agit en fait d'une ancienne allée couverte.

A un kilomètre de la chapelle de Saint-Herbot, sur le flanc d'une montagne, se trouvent les ruines d'une grande allée couverte, connue dans le pays sous le nom de tombeau du Géant (Bé Keor). La tradition rapporte que là était enterré un géant dont le corps, lors­qu'on le mit dans le tombeau, avait été replié neuf fois sur lui-même et que chacun de ces plis avait neuf pieds de longueur. La seule particularité que l'on raconte de lui est qu'ayant un jour, en se promenant, passé par-dessus l'église de Saint-Herbot, l'extrémité de la tour toucha le haut de ses jambes. « Tiens, dit-il, la fougère est bien haute dans ce pays-ci. » II est probable que ce géant est le même que celui de la légende de Saint-Herbot (près Huelgoat). »

(Le Men, Revue celtique, 1.1, p. 415-417).

« Près de Saint-Herbot est le dolmen, autel et tombeau d'un druide, qui passe pour recouvrir la dépouille d'un géant que vainquit dans une lutte acharnée le saint patron du lieu, et dont l'horrible cadavre ne put entrer dans cette vaste tombe que coupé en soixante-dix-sept morceaux. »

(Galerie bretonne, 1.1, p. 136)

Notes d'un voyage dans l'ouest de la France de Prosper Mérimée en 1837

A un quart de lieue de Saint-Herbot , M. Junker me fit remarquer un groupe de pierres dont l'origine est inconnue. Il se trouve dans une lande , sur le penchant de l'une des collines dont l'ensemble se nomme la montagne Noire. C'est une espèce de dolmen composé de tables de schiste noir assez minces, les unes plantées verticalement, les autres  horizontales posées au-dessus. On voit peu de ces dernières qui aient plus de cinq ou six pieds de long ; les piliers ne s'élèvent pas à plus de deux ou trois pieds; enfin, par sa forme et par son étendue , ce monument se rapproche beaucoup des kystvens des environs de Saint-Brieuc. Il a environ trente-cinq pieds de long sur quatre à cinq de large ; mais on s'aperçoit qu'un assez grand nombre de pierres ont été enlevées. L'extrémité O.-N.-O. est fermée par une pierre faisant angle droit avec les autres ; on ne peut aujourd'hui savoir si l'extrémité opposée était ou verte comme l'est d'ordinaire la partie orientale d'un dolmen. Ce groupe de pierres s'appelle dans le pays le Tombeau du Géant, et l'on conte que celui qu'on y enterra était si grand qu'il fallut le plier sept fois sur lui-même pour qu'il tînt dans cette enceinte '. Je suis porté à croire que c'est un véritable dolmen, bien que la nature des matériaux le distingue notablement de tous ceux que j'aie vus ou dont je connaisse la description.. .

 Comparés aux énormes blocs de la Bretagne et de l'Anjou , ces dalles de schiste paraissent méprisables. Malgré mon scepticisme en fait de monuments celtiques, je me fis une hypothèse pour expliquer la construction exceptionnelle de celui-ci. Ce dolmen , me dis-je , date d'une époque où la religion des druides était persécutée ; ces sectateurs ne pouvaient célébrer qu'en secret leurs mystères, et par conséquent pour élever des dol mens ils choisissaient des matériaux d'un transport facile.... Mais cela , je le sens, ne vaut pas la peine d'être discuté.